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Avortements en série : des diagnostics plus ciblés

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Kit. explique Cyril Aymonier, du GDS des Savoie.« © a. b.

Protocole. Comme 24 autres départements français, les Savoie sont impliquées dans le plan Oscar, un dispositif pilote destiné à identifier plus facilement l’origine infectieuse des avortements pour intervenir tôt et de façon efficace.

Depuis son lancement en 2017, la Haute-Savoie et la Savoie ont rejoint le dispositif national Oscar (1) (Observatoire et suivi des causes d’avortements chez les ruminants), piloté par GDS France. « Chez les bovins, il existe un grand nombre d’agents infectieux potentiellement abortifs, explique Cyril Aymonier, du Groupement départemental sanitaire des Savoie. Les plus fréquemment rencontrés sont la fièvre Q, la BVD et la né...
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Depuis son lancement en 2017, la Haute-Savoie et la Savoie ont rejoint le dispositif national Oscar (1) (Observatoire et suivi des causes d’avortements chez les ruminants), piloté par GDS France. « Chez les bovins, il existe un grand nombre d’agents infectieux potentiellement abortifs, explique Cyril Aymonier, du Groupement départemental sanitaire des Savoie. Les plus fréquemment rencontrés sont la fièvre Q, la BVD et la néosporose.Mais d’autres, moins courants tels que l’ehrlichiose, les mycoses, les salmonelles, les Chlamydia, les Listeria monocytogenes, peuvent intervenir. Dans les analyses entreprises par le vétérinaire et l’éleveur, le risque est de faire fausse route dès le départ et de perdre du temps en se focalisant sur un seul pathogène. Avec le plan Oscar, on recherche d’emblée les principales maladies (fièvre Q, BVD, néosporose). Cette recherche systématique est effectuée dans tous les départements impliqués dans l’observatoire national (en plus de la brucellose, obligatoire). Chacune des régions (2) peut ensuite choisir de compléter ce protocole dit “de première intention”. Les Savoie ont décidé d’inclure systématiquement les salmonelles et les Listeria, du fait de leur impact sur la filière de fromages au lait cru. En Bretagne, l’ehrlichiose fait l’objet de nombreuses investigations. »

Des conditions techniques optimisées

Réalisé dans des conditions techniques optimisées, le diagnostic est effectué sur le troupeau par l’intermédiaire de prélèvements faits sur des cohortes, et non sur un seul individu. Les analyses sont utiles le cas échéant pour proposer à l’éleveur un plan d’assainissement ciblé sur la problématique mise en évidence.

Le dispositif Oscar s’appuie sur des protocoles standardisés qui comprennent, pour chaque maladie, le type du(des) prélèvement(s) possible(s), les animaux à prélever, l’analyse ou les analyses possible(s), la grille d’interprétation des résultats. « Le taux d’élucidation ne repose plus sur l’appréciation d’une seule personne, note Cyril Aymonier. Il est amélioré par l’existence d’une grille d’interprétation élaborée collectivement sur la base des dernières connaissances scientifiques et d’un travail multipartenarial (3) et pluridisciplinaire. La mise en place d’opérations inappropriées est évitée. »

En pratique, le plan est déclenché par le vétérinaire à la suite d’avortements en série, qu’ils soient rapprochés (deux avortements ou plus dans le mois) ou espacés (trois ou plus en neuf mois), quelle que soit la taille du troupeau. Outre les maladies de première intention (fièvre Q, BVD, néosporose), le praticien peut demander la recherche d’autres pathogènes selon le contexte épidémiologique, l’historique de l’élevage et le tableau clinique. L’éleveur est prié de conserver l’avorton au frais jusqu’à l’arrivée du vétérinaire.

Une aide financière à hauteur de 50 %

Alors que l’État prend en charge le déplacement, la visite, les prélèvements et les analyses concernant la recherche de la brucellose dont la déclaration est obligatoire, le travail technique supplémentaire propre aux prélèvements Oscar peut être facturé par le vétérinaire. Dans les Savoie, une aide financière est apportée à l’éleveur par le GDS à hauteur de 50 % des frais d’analyses, à condition que les protocoles soient complets et bien remplis. Les résultats des analyses sont envoyés conjointement au GDS, au vétérinaire et à l’éleveur.

En 2018, dans les Savoie, dix-neuf séries abortives bovines ont fait l’objet d’une investigation. Pour huit d’entre elles, une imputabilité « possible » ou « forte » d’au moins un agent pathogène a été établie. Dans la moitié des cas, une forte ou possible responsabilité de la néosporose a été pressentie. Dans un cas seulement, les salmonelles ont été mises en évidence. Le GDS compte bien développer le dispositif Oscar, même si seulement 50 % des avortements ont une cause infectieuse. « Dans certains cas, un audit de l’élevage avec le vétérinaire sanitaire de l’exploitation peut aider à explorer d’autres pistes : surveillance des femelles avant la mise bas, conduite alimentaire, ambiance dans le bâtiment...», conclut Cyril Aymonier.

Anne Bréhier

(1) www.observatoire-oscar.fr(2) Bretagne, Poitou-Charente, Massif central, Nord, Languedoc-Roussillon et Corse. (3)DGAL, l’Anses, l’Adilva, la SNGTV, l’Institut de l’élevage, Coop de France et Oniris.

3 questions à…
« On évite davantage de faux négatifs » « Dépister une maladie à laquelle le vétérinaire n’aurait pas forcément pensé » 3 questions à…Élodie troccon, vétérinaire du GTV 74 et membre du groupe de travail avortements piloté par le GDS

En tant que vétérinaire, quels sont les principaux intérêts du dispositif Oscar, dont vous suivez la mise en place et l’évolution ?

Élodie Troccon : Le plan avortement qui existait initialement dans notre département n’était pas très pratique à mettre en œuvre. Il différait aussi de celui de la Savoie, ce qui compliquait les démarches des vétérinaires intervenant sur les deux départements. Le dispositif Oscar facilite la communication entre tous les acteurs concernés. Il nous permet d’être plus réactifs et plus efficaces dans l’élucidation­ des causes infectieuses­ des avortements en série. La boîte de prélèvements, avec les fiches et les modes opératoires détaillés, nous aide à réaliser des prélèvements de qualité, bien conservés­ et qui seront exploitables en laboratoire. On évite un certain nombre de faux négatifs dus à une altération­ des prélèvements quand, par exemple, les avortements se produisent le vendredi soir et que les prélèvements ne partent­ que le lundi.

E.T. : Dans deux exploitations confrontées à des avortements depuis un moment, le dispositif a permis de diagnostiquer des cas de néosporose, une maladie à laquelle les cinq vétérinaires intervenant en milieu rural dans notre cabinet n’auraient pas pensé systématiquement. D’autant plus que le prélèvement de l’encéphale du fœtus n’était pas évident. Le protocole Oscar a renforcé la vigilance sur cette maladie, recherchée aujourd’hui en première intention au côté de la fièvre Q, de la BVD, de la salmonellose et de la listériose(1).

E.T. : Le dispositif ne doit pas rester figé. D’autres infections transmises par les tiques, telles que l’erhlichiose, ne sont pas encore recherchées systématiquement alors qu’elles sont de plus en plus fréquemment rencontrées. Sans doute faudra-t-il les intégrer à la liste des maladies de première intention. Le dispositif fonctionne d’autant mieux avec une bonne coordination en matière de réalisation des prélèvements, d’envoi, d’analyse au laboratoire.

L’éleveur est le premier maillon de la chaîne. C’est à lui qu’il revient de déclarer tout avortement pour la recherche de brucellose, dont le prélèvement pris en charge par l’État. Nous le rappelons régulièrement lors de nos visites sanitaires annuelles.

(1) La recherche de ces deux maladies répond à la spécificité de la production de fromages savoyards au lait cru.

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