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« La marche en avant du prix ne doit pas oublier les industriels »

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Jehan Moreau est directeur de la Fédération nationale des industries laitières. Elle rassemble les grands groupes privés tels que Lactalis, Savencia, Danone et Bel, mais aussi les PME. Depuis un an, la Fnil a la volonté de davantage communiquer dans les médias. © C.H.

Les négociations avec les GMS pour les marques nationales sont le vrai premier test de la loi Égalim. Les industriels laitiers privés croient en la construction en avant du prix si la loi apporte les garanties qu’ils demandent. Pour l’instant, le compte n’y est pas.

Les négociations avec les GMS achevées fin février vous satisfont-elles ?
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Les négociations avec les GMS achevées fin février vous satisfont-elles ?

Jehan Moreau : La communication s’est voulue positive à partir de janvier, avec des annonces faisant référence aux coûts des producteurs, mais la semaine précédant la date butoir du 28 février, 70 % des PGC ne faisaient pas encore l’objet d’un accord. Cela n’a pas été si facile, en particulier pour les PME qui ont moins de pouvoir de négociations. La crainte est que les enseignes de distribution se rattrapent sur les MDD et premiers prix, notamment pour compenser la marge supplémentaire issue de la revalorisation du seuil de revente à perte. L’enjeu est de les rattacher au socle de valeur défini par le Cniel, à la suite des EGA. Il y a une attention à apporter à ces produits qui ne sont ni bio ni non OGM, etc., en particulier le marché des produits frais en surcapacité industrielle, dominé par les MDD. Plus généralement, la difficulté est de trouver le bon niveau entre le prix du lait et le prix aux consommateurs. Rappelons-nous l’année 2008. La répercussion du prix du lait élevé avait entraîné un recul de la consommation.

Comment les entreprises vont-elles redistribuer les hausses tarifaires aux producteurs ?

J.M. : Il va falloir donner de la transparence en apportant à l’OP des éléments factuels sur le mix-produit de l’entreprise. C’est le conseil que donne la Fnil à ses adhérents. Sans transparence, les producteurs ne comprendront pas l’écart entre l’indicateur PGC France de 396 €/1 000 l obtenu à partir de leurs prix de revient et le prix du lait réellement payé. Rappelons que les PGC France ne sont qu’une partie du mix-produit. Mais les entreprises se posent, elles aussi, la question de la répercussion du prix du lait vers leurs clients. Nous considérons que les deux ordonnances en préparation pour achever la déclinaison de la loi Égalim ne garantissent pas la chaîne de valeur. Elle s’arrête aux produits transformés.

Que manque-t-il à la loi Égalim pour aller jusqu’au bout de la logique de marche en avant du prix ?

J.M. : La première version du projet d’ordonnance sur les prix abusivement bas nous convenait car elle concernait les prix agricoles, mais aussi les prix des denrées alimentaires, c’est-à-dire nos produits. En cas de besoin, elle nous donnait les moyens de nous retourner contre nos clients­. Ce n’est plus le cas de la version actuelle. La DGCCRF en a retiré les denrées alimentaires. L’autre ordonnance concerne les refus par les distributeurs des conditions générales de vente (CGV). Nous voulons que l’ordonnance oblige les GMS à formaliser par écrit leurs motifs de refus. Nous plaidons aussi pour une homogénéité entre les indicateurs utilisés pour fixer le prix du lait des producteurs et ceux que les industriels utilisent dans leurs CGV. Depuis la loi Sapin 2, les laiteries indiquent un prix du lait prévisionnel qui relève de leur choix : prix de base, prix moyen plus ou moins élevé, etc. Il ne protège pas d’accidents de marché. Pour les négociations clôturées le 28 février, les adhérents de la Fnil ont intégré dans leurs conditions générales de vente l’indicateur de prix de revient des producteurs.

Sur quelles prévisions de prix du lait peuvent s’appuyer les producteurs en 2019 ?

J.M. : Si les marchés ne décollent pas, le prix restera au niveau de 2018, qui est de 324 € en 38/32, toutes qualités et primes confondues. S’ils décollent, cela dépendra bien entendu du mix-produit de l’entreprise, mais on peut espérer un niveau haut à 350 € (N.D.L.R. : type bel). Le Brexit fait partie des grandes incertitudes, mais ce ne sera pas une fermeture des frontières brutale, comme on a connu avec l’embargo russe en 2014.

Craignez-vous de manquer de lait dans les prochaines années ?

J.M. : C’est une réelle interrogation. Le Cniel suit de près l’Ouest. La sécheresse 2018 joue dans la baisse de sa collecte, mais pas seulement. Les producteurs se fatiguent. Il faut créer de la valeur pour eux. Il faut aussi favoriser le renouvellement des générations. Le Cniel a remis 24 propositions au ministre de l’Agriculture au Salon de l’agriculture.

Propos recueillis par Claire Hue
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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