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« Un constat alarmant »

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© Claudius Thiriet

La préservation du lait de montagne non valorisé sous signe de qualité est fragile. Lors d’une conférence donnée au Sommet de l’élevage, à proximité de la chaîne montagneuse des Puys, la commission montagne de l’interprofession laitière (Cniel) a souligné les enjeux économiques et sociétaux de ce lait.

« La pérennité du lait de montagne est un enjeu qui dépasse la filière, il en va de la vitalité rurale de nos territoires », alerte Michel Lacoste, président du Cnaol (Conseil national des appellations laitières) et représentant de la commission montagne du Cniel.
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« La pérennité du lait de montagne est un enjeu qui dépasse la filière, il en va de la vitalité rurale de nos territoires », alerte Michel Lacoste, président du Cnaol (Conseil national des appellations laitières) et représentant de la commission montagne du Cniel.

Situation hétérogène selon les massifs

D’après Yannick Pechuzal, de l’Institut de l’élevage (Idele), l’élevage de montagne concerne 14 000 points de collecte, soit 22 % des livreurs et 17 % du cheptel laitier français, produisant l’équivalent de 3,4 milliards de litres de lait annuels. « Une exploitation sur deux est sous signe de qualité, principalement dans le Jura et les Savoies », précise l’économiste.

Les dynamiques de collecte varient fortement entre les massifs. Sur les dix dernières années, les livraisons enregistrent des croissances à deux chiffres du côté des Vosges et du Jura tandis qu’elles restent relativement stables dans les Alpes et le Massif central. La situation la plus préoccupante concerne les Pyrénées avec une collecte en repli de 22 % et plus de la moitié des exploitations qui ont fermé leurs portes sur la même période.

Aller chercher de la valeur

« En moyenne, le coût de production pour 1 000 litres de lait est 30 à 43 % plus élevé qu’en plaine, expose l’interprofession. Quant aux coûts de collecte, le surcoût moyen est de 14 €/1 000 litres. »

Alors quid des volumes valorisés sur le circuit conventionnel ? « 600 millions de litres ne disposent d’aucune valorisation rien que sur la zone Auvergne-Limousin, déplore Alain Plan, directeur de l’antenne régionale du Cniel. Les retombées sont conséquentes puisque 14 000 emplois directs et indirects dépendent de ce bassin laitier. »

Pour Damien Lacombe, président de Coop de France métiers du lait et de Sodiaal, « les coopératives françaises sont mobilisées pour maintenir le maillage actuel des points de collecte malgré la déprise laitière qui touche la plupart des massifs ». Actuellement, 70 % du lait de montagne est collecté par une coopérative et 65 % de ce lait part en circuit conventionnel. « En plus de s’appuyer sur les démarches segmentées “Lait de montagne” et de les développer, nous sollicitons l’aide des pouvoirs publics pour soutenir la compétitivité de la filière grâce à des aides à la collecte et à l’investissement. »

Signature entre Carrefour et Coopal pour 385 €/1 000 litres

Le salon a également été le siège d’une signature d’un contrat quadripartite entre Orlait, SLVA, Carrefour et la Coopal (Société coopérative agricole Auvergne Limousin), qui regroupe 400 éleveurs locaux. Le contrat concerne 30 millions de litres de lait, soit un tiers de la production annuelle des éleveurs, rémunérés 385 €/1 000 litres (prix de base) sur trois ans renouvelables. Ce lait sera vendu sous marque de distributeur, estampillée « Lait de montagne ».

Pour Marc Delage, responsable des produits laitiers chez Carrefour, « il est important de trouver des pistes pour pérenniser la filière laitière de montagne car elle répond en tout point aux attentes actuelles des consommateurs : naturalité et authenticité ». Il est à noter que l’enseigne de distribution Carrefour occupe 80 % du marché national du lait de montagne.

A. Courty
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