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« Nos 170 normandes sont au pré de février à novembre »

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Charlie Maurice. Cinquième associé du Gaec, installé depuis 2011, Charlie Maurice s’est formé au pâturage tournant dynamique avec la société PâtureSens. © n.tiers

Pâturage. C’est un impressionnant troupeau qui se déplace, quotidiennement, sur une trentaine de paddocks, autour du bâtiment du Gaec du Tertre de Villeray. En optimisant le pâturage sur 50 ha dédiés aux vaches, les éleveurs ferment le silo de maïs pendant trois mois et économisent 500 kg de concentré par vache et par an.

Le Gaec du Tertre de Villeray à Javron-les-Chapelles (Mayenne) pratique depuis longtemps le pâturage tournant. Avec l’installation, en 2011, de Charlie Maurice auprès de ses parents, son oncle et sa tante, le troupeau est multiplié par deux et la fermeture du silo de maïs abandonnée. Le jeune éleveur amène alors l’idée de pâturage tournant dynamique et se forme avec la société PâtureSens. Les objectifs...
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Le Gaec du Tertre de Villeray à Javron-les-Chapelles (Mayenne) pratique depuis longtemps le pâturage tournant. Avec l’installation, en 2011, de Charlie Maurice auprès de ses parents, son oncle et sa tante, le troupeau est multiplié par deux et la fermeture du silo de maïs abandonnée. Le jeune éleveur amène alors l’idée de pâturage tournant dynamique et se forme avec la société PâtureSens. Les objectifs sont de simplifier le travail et d’améliorer l’efficacité économique en diminuant le coût alimentaire grâce au pâturage.

En 2019, les 170 vaches en lactation ont commencé à pâturer le 15 février. Dès la fin du mois, elles passaient la nuit dehors. Et un mois plus tard, fin mars, le silo d’ensilage de maïs était fermé. La ration à base d’herbe est alors complétée par 2 à 3 kg de MS de maïs épi à l’auge.

1,70 ha pâturé par 24 heures

« En 2018, nous avions de nouveau ouvert le silo à partir du 15 juillet, indique Charlie. Pendant l’été, les vaches ont le même régime alimentaire qu’en hiver, excepté l’ensilage d’herbe. La production des prairies redémarre à l’automne mais de façon plus modérée. Le pâturage est alors accompagné de maïs ensilage. »

Les vaches pâturent jusqu’à fin novembre afin de laisser deux mois de repos aux prairies. « Il vaut mieux terminer un peu plus tôt de façon à redémarrer plus tôt au printemps suivant. Cela permet d’enlever les feuilles mortes dans les parcelles, afin d’apporter de la lumière aux trèfles et de réchauffer le sol pour améliorer la pousse », explique Charlie.

Une cinquantaine d’hectares de prairies sont dédiés au pâturage des vaches, sachant que 70 ha sont facilement accessibles autour du bâtiment. Ils ont été découpés en 29 paddocks de 1,70 ha chacun, broutés par les vaches entre douze et quarante-huit heures. Chaque paddock compte une entrée et une sortie pour éviter le piétinement au niveau d’un passage unique.

Un abreuvoir pour deux paddocks

Pour les vingt hectares les plus récemment aménagés en 2018, l’investissement en clôtures a représenté 1 530 €. Il comprend les poteaux d’angles, des piquets tous les vingt mètres, des clôtures high tensile (en double fil sur 750 mètres côté route). Il faut y ajouter des abreuvoirs en béton de 2 000 litres (un pour deux paddocks), l’adaptation du réseau d’eau pour augmenter le débit, et la rénovation de chemins réalisée avec des matériaux présents sur la ferme.

Le « topping » pour gérer l’épiaison

Les prairies pâturées sont implantées en ray-grass anglais et trèfles blancs. « Les 170 vaches entrent dans un paddock quand la hauteur d’herbe atteint 10 cm. Quand elles sortent, le plus souvent au bout de vingt-quatre heures, la hauteur d’herbe est de 4,5 cm. Si une parcelle n’est pas tout à fait terminée, la vingtaine de vaches taries passe derrière. En début de saison, nous réduisons la taille des paddocks et elles ne pâturent que deux à quatre heures avant de rentrer en bâtiment. Cela permet une transition alimentaire progressive et un nettoyage efficace des parcelles pour une belle repousse. » En 2018, la surface dédiée au pâturage des vaches était supérieure de 10 ha (60 ha contre 50 ha en 2019), ce qui a obligé les éleveurs à réaliser des débrayages sur 45 ha au total.

Par ailleurs, pour gérer au mieux le stade de l’épiaison, variable selon le type de prairies, l’éleveur teste depuis deux ans le topping : l’herbe est fauchée au plus tôt la veille de l’entrée des vaches, puis elle est mangée sur place. L’avantage est de ne pas laisser de refus. « Ma technique est de faire pâturer quand je vois les premiers épis, puis de pratiquer le topping au tour suivant afin de détruire tous les épis. »

Le suivi par la chambre d’agriculture avec la méthode Herbvalo a permis de calculer une valorisation moyenne des 60 ha pâturés par les vaches laitières en 2018 de 8,6 t de MS/ha (fauche et pâturage). Cette productivité varie en réalité entre 5,4 et 14 t selon les paddocks. Les parcelles les moins productives ont été retournées pour implanter du maïs et du colza fourrager au printemps 2019. Par ailleurs, deux hectares de ray-grass anglais-trèfle blanc, accompagnés de plantain, ont été semés en août 2018. Le choix du plantain et du colza fourrager vise à renforcer le pâturage d’été.

Au printemps 2019, des analyses d’herbe ont été réalisées, sachant que les conditions de pousse étaient particulièrement favorables. Elles révèlent une valeur alimentaire de 1,04 à 1,07 UFL/kg de matière sèche, un taux de PDIN de 140 g/kg et de PDIE de 107 g/kg.

L’impact de l’intensification du pâturage sur cette exploitation depuis 2016 a été calculé dans le cadre du projet TERUnic visant à améliorer l’autonomie protéique des élevages de l’Ouest (1). Le Gaec est passé de 55 à 66 % d’autonomie protéique globale (+ 11 points) avec une progression plus forte encore pour les vaches laitières de 47 à 60 % (+ 13 points). La consommation de concentrés a diminué de 1 470 à 980 kg/vache/an.

Un coût alimentaire en baisse de 60 % entre avril et juillet

Du point de vue économique, le coût alimentaire est réduit de 60 % entre avril et mi-juillet, au cours de la période de pâturage intensif avec fermeture du silo de maïs et réduction du tourteau de colza. En 2019, les éleveurs sont même allés jusqu’à la suppression de tout concentré protéique à partir du 25 mars. Au contrôle laitier de juin, une quinzaine de normandes dépassaient malgré cela la production journalière de 30 kg de lait.

Charlie Maurice souligne la forte diminution du travail d’astreinte pendant la période de pâturage. Le gain concerne les opérations de curage des bâtiments, paillage, distribution des aliments, ainsi que le nettoyage des animaux avant la traite réduit au minimum. En contrepartie, moins d’une heure par jour est nécessaire pour déplacer les vaches. Il faut y ajouter une heure, une ou deux fois par semaine, pour faire le tour des parcelles, afin d’observer la pousse de l’herbe et de planifier le pâturage.

Nathalie Tiers

(1) TERUnic est l’un des quatre axes de recherche du programme SOS Protein mené en Bretagne et Pays de la Loire.

L’exploitation

    À Javron-les-Chapelles (Mayenne)

    Gaec à 5 associés : Charlie Maurice, ses parents Hervé et Isabelle, son oncle Vincent et sa tante Véronique

    170 normandes, 6 300 l/VL, 38,3 de TP et 42,4 de TB

    1,2 Ml de lait vendus à Lactalis en filière non OGM

    20 bœufs par an

    328 ha de SAU, dont 150 ha d’herbe, 60 ha de maïs, 118 ha de cultures de vente

    30 ares d’herbe pâturés par vache

    29 paddocks de 1,70 ha

Précocité. Depuis fin février, les 170 laitières sont au pâturage jour et nuit, avec un complément de maïs épi. © n.tiers
2 questions à...
Veaux. À l’herbe dès l’âge de 15 jours 2 questions à...

Les veaux issus des vêlages de mars à juillet passent leurs deux premières semaines en cases individuelles, en plein air. Ils sont ensuite allotés par tranches d’âge et affectés à un paddock disposant d’un abri, sous lequel ils restent trois semaines. Jusqu’au sevrage à l’âge de trois mois, ils disposent d’un nouveau paddock toutes les trois semaines, en plus d’une alimentation lactée au bar à tétines, d’Amyplus (2 kg/j maximum), de paille, d’argile et de sel à volonté. À partir de trois mois d’âge, les génisses changent de parcelle tous les deux à trois jours.

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