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Le think-tank Agridées prône une nouvelle approche

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© C. Faimali/GFA

Le cercle de réflexion émet des recommandations pour diversifier les sources de protéines locales, sans prôner la fin des importations européennes de soja.

Comment parler de stratégie européenne sur les protéines, en omettant une source majeure pour nos élevages ? Dans une note d’analyse présentée le 8 janvier 2019, le think-tank Agridées (apolitique et indépendant) pointe une grosse lacune dans l’approche de la Commission européenne : « Elle ne considère pas l’herbe parmi les sources protéiques, alors que l’herbe apporte plus...
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Comment parler de stratégie européenne sur les protéines, en omettant une source majeure pour nos élevages ? Dans une note d’analyse présentée le 8 janvier 2019, le think-tank Agridées (apolitique et indépendant) pointe une grosse lacune dans l’approche de la Commission européenne : « Elle ne considère pas l’herbe parmi les sources protéiques, alors que l’herbe apporte plus de la moitié des protéines consommées par les élevages français », souligne Marie-Cécile Damave, responsable de l’innovation et des marchés pour le think-tank et auteure de la note. Afin d’améliorer l’indépendance protéique de l’Europe, le cercle de réflexion prône donc en premier lieu d’encourager la production d’herbe, pas seulement par des approches coercitives (interdiction de retournement des prairies) mais aussi par le recouplage d’aides du premier pilier aux hectares en herbe.

Soutenir les cultures protéiques

Cependant, la montée en puissance des cultures de légumineuses et de protéagineux en Europe est également nécessaire pour satisfaire la demande en alimentation humaine et animale. En effet, pour la consommation humaine, « la tendance est à un rééquilibrage des protéines animales et végétales, pour passer d’un rapport de 70/30 à 50/50 », admet Marie-Cécile Damave, même si « en aucun cas nous ne jugeons souhaitable d’aller vers une alimentation 100 % végétale ».

Et pour les filières d’élevage, la demande sociétale, qui exige notamment transparence et durabilité, incite à diminuer les importations de soja OGM. Donc produire davantage de protéines en Europe. Or l’herbe ne suffit pas toujours, selon Philippe Faucon, producteur de lait dans la Manche, que le think-tank a invité à témoigner. « J’essaie de maximiser l’herbe, et notamment le pâturage, mais l’apport de tourteau de soja, même s’il est à la marge, reste fondamental pour mon exploitation. » Ses vaches, qui produisent entre 8 000 et 9 000 l de lait, en ont besoin pour qu’il puisse honorer ses livraisons à sa laiterie : « Livrer ma coopérative est quand même ma première préoccupation », sourit-il…

Alternatives au soja

Des alternatives locales au soja peuvent être développées. Mais l’octroi d’aides couplées aux cultures de légumineuses et oléoprotéagineux n’est plus la bonne approche, estime Agridées. Il faudrait plutôt concentrer les efforts sur la recherche, en mobilisant des crédits du second pilier, afin de pouvoir proposer des variétés, et des itinéraires techniques, adaptés aux besoins des filières. Car ceux-ci ont pu évoluer : « Pour la sélection du colza, la qualité des protéines doit désormais primer sur la teneur en huile », illustre Marie-Cécile Damave.

Coproduits animaux

L’herbe et les cultures protéiques ne sont toutefois pas les seules alternatives au soja importé, selon Agridées, qui évoque les farines d’insectes et souhaite « utiliser davantage de farines de viandes dans l’alimentation des animaux d’élevage ». Le think-tank y voit une « démarche de bioéconomie », renvoyant à des notions d’économie circulaire, donc de durabilité. A priori compatibles avec les attentes sociétales… Du moins, si nourrir des herbivores avec des coproduits animaux est considéré comme du bien-être animal, et que les filières se sentent capables de faire preuve de transparence à ce sujet !

Une dépendance inéluctable ?

Vise-t-on pour autant la fin des importations de soja ? Non, selon Agridées, qui affirme « un panel de produits existera toujours avec, qu’on se le dise pour l’Union européenne, une dépendance réelle aux importations de soja ». « On parle de tendre vers davantage d’indépendance, mais l’autonomie protéique totale pour tous les élevages européens n’est pas possible, pour des raisons économiques, politiques et par manque de surface », précise Marie-Cécile Damave.

Même sur un plan purement technique, « on n’a pas assez de surfaces disponibles, à moins de déforester », estime le cercle de réflexion. Ou de réduire un peu le cheptel, une idée qui n’est pas envisagée : même lorsqu’on parle de réduire la part relative des protéines animales dans l’alimentation, la « décroissance » de la production reste taboue.

Bérengère Lafeuille
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