S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Audit  de confort et premières corrections dans un bâtiment

réservé aux abonnés

 - -->
Configuration. Conçu il y a trente ans, le bâtiment ne permet pas une circulation facile des animaux : deux rangées de logettes, un couloir de 2 m de large et un couloir d’alimentation de 3,50 m. Le Dac est au milieu des logettes, côté mur. © P.Kirsch

Bien-être. Le couchage, l’abreuvement et l’accès à l’auge ont été évalués pour proposer plusieurs modifications. La pose de tapis dans les couloirs n’était pas l’élément primordial.

Les glissades répétées de ses vaches laitières dans les couloirs en caillebotis ont poussé un éleveur à rechercher des solutions, dont la plus évidente, pour lui, était la pose de tapis. Au cours de nos visites régulières dans son élevage, nous l’avons déjà sensibilisé sur l’importance du confort pour le bien-être, la santé et la productivité de ses vaches. C&rsquo...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
6%

Vous avez parcouru 6% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Les glissades répétées de ses vaches laitières dans les couloirs en caillebotis ont poussé un éleveur à rechercher des solutions, dont la plus évidente, pour lui, était la pose de tapis. Au cours de nos visites régulières dans son élevage, nous l’avons déjà sensibilisé sur l’importance du confort pour le bien-être, la santé et la productivité de ses vaches. C’est pourquoi avant de finaliser son choix, il a sollicité notre avis en la matière.

C’est avec un autre membre du réseau Happy’Vets que je me suis rendu chez mon client.

Son bâtiment conçu il y a trente ans ne permet pas une circulation aisée des animaux. La configuration intérieure est la suivante : une rangée de logettes contre le mur interrompue au milieu par les deux stalles du Dac, un couloir de 2 mètres de large, une nouvelle rangée de logettes, le couloir d’alimentation d’une largeur de 3,50 m, le cornadis et la table d’alimentation. L’ensemble des couloirs est en caillebotis.

Trois zones de passage entre les deux couloirs, d’une largeur respective de 1,50 m, de 2,20 m et de 1,80 m, sont présentes au début, au milieu et au bout de la rangée centrale de logettes. Le passage intermédiaire se situe presque en face du Dac. Cinquante-quatre logettes sont disponibles pour cinquante-quatre places à table. La longueur­ ­de trois logettes est amputée par la présence des abreuvoirs.

25 % des vaches debout, les pattes arrière dans le couloir

Nous avons observé les animaux et évalué successivement le couchage, l’abreuvement et l’accès à l’auge. Les couloirs sont étroits, ce qui va pénaliser les déplacements tout comme la présence du Dac en face de la zone de passage centrale. Après avoir été relâchées du cornadis, les vaches se dirigent vers les logettes et hésitent un certain temps avant de se coucher. Une demi-heure plus tard environ, 25 % d’entre elles sont perchées dans une logette, c’est-à-dire debout avec les pattes arrière dans le couloir. Cette position entraîne une surcharge importante sur le train postérieur et maintient les pieds arrière en zone sale et humide. Cette position, associée à des périodes en station debout prolongée (déplacements difficiles, attentes prolongées en position debout statique pour boire, pour aller au Dac, pour la traite, au cornadis après la traite), est compatible avec la fréquence anormalement élevée d’ulcères de la sole observés dans cet élevage. Les tarsites représentent l’autre pathologie locomotrice importante de l’exploitation. Dans ces conditions et en lien avec nos observations, l’amélioration du confort du couchage nous apparaît être la priorité.

Le confort à revoir entièrement

En disposant des tapis sur les caillebotis, ce qui les rendrait « confortables » (sol souple et confort thermique), il est certain que plusieurs vaches pourraient préférer le couchage en dehors des logettes pour assurer leur besoin de repos en position couchée, nécessaire pendant douze à quatorze heures par jour. Plusieurs éléments sont responsables du manque de confort des logettes.

Pour gérer le nombre croissant de vaches coincées dans celles-ci à la suite d’une tentative de relevé infructueuse et aux tarsites, l’éleveur avait opté pour la pose de bastaings contre­ le seuil de la logette dépassant de 5 cm. L’objectif était de bloquer les pattes arrière lors du mouvement de relevé associé à un tapis caoutchouc, déroulé et non fixé sur le sol de la logette. La profondeur de 2,40 m des logettes est insuffisante pour une largeur de 1,13 m.

Une rangée de planches est disposée devant les logettes face au couloir d’alimentation, ce qui limite fortement l’espace devant les vaches nécessaire au relevé par le lancement en avant et vers le bas de la tête. Nous préconisons le retrait de ces planches.

Repositionner les barres au garrot et l’arrêtoir

Pour les logettes face au mur, il n’y a pas de correction aisée de la profondeur sans de gros travaux de maçonnerie (que l’on pourrait associer à une amélioration de la ventilation du bâtiment). Les barres au garrot sont également mal positionnées. Elles sont trop basses (1,08 m) et trop avancées dans les logettes (à 1,75 m du bastaing). Pour les logettes face au mur, cette barre au garrot n’est d’aucune utilité, à part pour la rigidité de l’ensemble. Elle doit être repoussée au maximum dans ce cas-ci et de 10 cm pour les autres logettes. La correction de la hauteur ne sera pas obtenue par le rehaussement de l’entièreté de la logette afin d’éviter que le dos des vaches ne passe en dessous de la séparation latérale et qu’elles ne se blessent. Il est recommandé de mettre en place un dispositif vertical qui permettra de remonter uniquement la barre au garrot ou de disposer une barre au garrot cintrée (voir photo). L’arrêtoir au sol actuel est une traverse de chemin de fer dont la hauteur (15 cm) et la largeur (25 cm) sont excessives. De plus, le positionnement au-delà de la verticale de la barre au garrot, soit à 1,87 m du seuil de la logette, ne lui permet pas de jouer son rôle consistant à limiter l’avancement de la vache dans sa logette lors de son entrée. Le confort de couchage des logettes pourrait être amélioré par la pose de matelas avec des arrêtoirs au sol incorporés. L’éleveur a choisi des matelas de 1,82 m de long et un arrêtoir au sol souple, incliné vers l’avant avec des encoches pour permettre aux vaches d’étendre un membre antérieur, ce qui est intéressant en matière de confort pour l’animal. « J’ai modifié les logettes sur une moitié du bâtiment. J’ai pu observer une préférence pour les nouvelles logettes. En lâchant les vaches du cornadis, elles se dirigent vers celles-ci. Avec le retrait du bastaing-arrêtoir à l’arrière des logettes, j’observe des mamelles plus propres. La décision de retirer le bardage en bois en avant des logettes n’était pas facile à prendre. Je souhaitais le remplacer par un système mobile qui gênerait moins le relevé des vaches que les planches actuelles, et pour toujours éviter les souillures issues du couloir d’alimentation. Mon vétérinaire m’a convaincu de ne pas le faire et l’avant des logettes n’est pas plus sale », explique l’éleveur, Bruno Henry. La mise à disposition de l’eau est largement insuffisante, aussi bien par la taille des abreuvoirs que par leur accessibilité.

L’accès à l’eau et la table d’alimentation améliorés

Sur les trois points d’eau, le bol en sortie de salle de traite ne fonctionne plus. Il serait intéressant de disposer à la place un abreuvoir, le plus grand possible et facilement nettoyable, associé à un prérefroidisseur de lait pour apporter de l’eau tiédie. Pour rendre ce nouvel abreuvoir accessible, il sera nécessaire de rogner au moins sur deux logettes et de le disposer contre le mur pour gagner en ergonomie (largeur du couloir amenée à 3,80 m). L’abreuvoir à deux compartiments, situé à côté du passage central et accessible depuis l’aire d’alimentation (élément supplémentaire qui gêne la circulation des vaches), est également à proximité de l’accès au Dac. La mise en place d’un abreuvoir individuel à haut débit dans ce couloir étroit (2,20 m de large) à forte circulation paraît être la moins mauvaise des options. Au niveau du dernier passage (1,80 m de large), cette solution sera également retenue.

Pour la table d’alimentation, il faudra incliner les cornadis en partie haute de 10 à 15 cm pour réduire les contraintes sur l’avant-main des animaux et favoriser la prise alimentaire. Le passage de cornadis à huit places, en remplacement des neuf places existantes, n’est pas une priorité. Pour finir, nous proposons à l’éleveur un décapage thermique de ses caillebotis pour les rendre moins glissants, en attendant de pouvoir financer dans une deuxième phase de travaux l’achat de tapis. Tous les éléments de confort sont primordiaux mais dans le cas présent, la pose de tapis en caoutchouc sur les caillebotis, associée à des logettes inconfortables, favorisera le couchage d’animaux en dehors des logettes. Ce qui n’est bien évidemment pas souhaitable.

Avant. On remarque facilement le rebord arrière avec le bastaing, la traverse comme arrêtoir au sol et la fermeture de l’espace avant avec les planches. © P.Kirsch
Après. Le bastaing a été retiré, les matelas et les arrêtoirs au sol installés et les planches retirées. La barre au garrot n’a pas (encore) été rehaussée mais elle a été repoussée. Le réglage des logettes n’est pas encore optimal : largeur 1,13 m, hauteur 1,02 m.
Confort. L’éleveur a choisi des matelas et un arrêtoir au sol souple avec des encoches. © P. Kirsch
Réglage. Face au mur, la barre de garrot a été reculée au maximum... © P.Kirsch
… mais pas (encore) rehaussée. © P.Kirsch
Points d’eau. L’abreuvoir uniquement accessible par le couloir d’alimentation réduit fortement la longueur de la logette. © p.kirsch
Les deux premières logettes seront supprimées pour laisser libre l’accès à l’abreuvoir de grande taille qui sera positionné contre le mur. © p.kirsch
Astuce. Exemple de système pour rehausser uniquement la barre au garrot, observé dans la région de Parme.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le bovin malade et sa prise en charge

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER