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Baisse de GMQ : le ténia était en cause

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Cycles. Les modifications climatiques de ces dernières années, ­sensibles notamment dans les régions de l’Est (comme ici en Bourgogne), entraînent des modifications des cycles des parasites, favorisant leur survie ou celle de leurs hôtes. © Claudius Thiriet

Surprenant. Le ténia est décrit comme sans conséquences sur les bovins. À tort.

Fin d’automne 2016, un éleveur rentre ses broutardes et fait des prélèvements de bouses pour des coproscopies, en vue d’adapter le traitement antiparasitaire de rentrée. Cinq animaux sont prélevés. L’état des petites femelles de 10 mois est alors bon mais elles présentent un poil un peu « piqué » (moins joli qu’à l’habitude, léché). Ces animaux ont également...
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Fin d’automne 2016, un éleveur rentre ses broutardes et fait des prélèvements de bouses pour des coproscopies, en vue d’adapter le traitement antiparasitaire de rentrée. Cinq animaux sont prélevés. L’état des petites femelles de 10 mois est alors bon mais elles présentent un poil un peu « piqué » (moins joli qu’à l’habitude, léché). Ces animaux ont également subi un changement brutal de ration et les mauvaises valeurs des fourrages de l’année ont conduit à une ration un peu déficitaire. L’absence de transition alimentaire s’est ajoutée, aggravant le déficit car les papilles ruminales n’étaient pas encore adaptées à la nouvelle ration. Une correction de celle-ci et une attente de trois semaines ont suffi pour retrouver des animaux avec une apparence physique plus que satisfaisante. Par contre, la coproscopie montre la présence de ténia sur 100 % des prélèvements.

Un GMQ anormalement bas en fin d’hiver

Le ténia est décrit comme sans conséquences sur les bovins. Mais la saison ayant été pluvieuse, avec des périodes chaudes, et puisqu’il s’agit d’une première saison de pâture, nous décidons de faire un traitement au fenbendazole qui a une activité sur le ténia et les strongles.

Les animaux sont pesés le 5 novembre et reçoivent leur traitement. L’hiver se passe sans problème apparent, les animaux semblent avoir une croissance normale et un beau poil, mais à la pesée de février, la déception est au rendez-vous : le GMQ est de 580 g sur la moyenne des 18 broutardes alors que le GMQ attendu était de 800 à 900 g. Le GMQ le plus faible est de 350 g et le plus élevé de 760 g.

Le ténia bien identifié comme cause du problème

Les coproscopies sont de nouveau réalisées et 100 % des animaux présentent des larves de ténia . Et rien d’autres ! À la suite de nos recherches, nous pensons que c’est sans conséquence et que le responsable est plutôt la ration et les mauvais fourrages de l’année. Mais après discussion avec l’éleveur, il est décidé de faire deux traitements de fenbendazole à trois semaines d’intervalle. Rien d’autre n’est changé. Une pesée est refaite un mois plus tard avec une bonne surprise à la clé: le GMQ a quasiment doublé, à 1200 g/j.

Le ténia sur les bovins n’est pas si rare, mais c’est la première fois que nous notons 100 % des coproscopies positives dans un troupeau pour lequel nous avons fait une dizaine d’analyses. La succession d’étés humides et d’hivers sans gelée dans notre région est certainement l’une des causes du développement des oribates. L’oribate est un petit acarien nécessaire au développement du ténia. Il vit dans les prés sur les zones humifères. Les dernières années ont été propices à son développement dans certaines pâtures. Sans suivi technique pointu et sans un fort investissement de l’éleveur, nous n’aurions jamais mis le doigt sur la responsabilité du ténia dans le manque de croissance des génisses et nous aurions rapidement conclu à un problème de fourrage. Cette mise en évidence de l’impact du ténia sur la croissance des jeunes peut faire envisager des conséquences sur les autres productions (lait, engraissement…) en cas de présence… Il convient de rester vigilant !

Modifications des cycles parasitaires dans l’Est

Les modifications climatiques de ces dernières années entraînent des modifications des cycles parasitaires dans les régions de l’est de la France notamment : l’augmentation des pluies l’été, le surpâturage pendant les périodes de sécheresse et l’absence répétée de fortes gelées l’hiver favorisent la survie des parasites et de leurs hôtes et bouleversent l’évolution des cycles parasitaires. Un autre exemple : la bronchite vermineuse n’entraînait pas de symptômes avant le mois de septembre dans notre région et depuis trois ans, nous voyons des cas dès la fin juin !

Cycles. vétérinaire en Côte-d’Or © Claudius THIRIET
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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