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Des panaris rebelles aux antibiotiques

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La fente typique du panaris semble habitée par la dermatite digitée. La couleur rose framboise est caractéristique. Deux jours après la pose d’un pansement, la lésion évolue positivement. © N.Gaudout

Boiteries. Dans cet élevage, l’apparition de panaris est aggravée par la dermatite digitée.

Avec 35 vaches normandes élevées sur aire paillée, l’exploitation qui nous intéresse est inconnue de notre équipe pour des problèmes de boiteries. Et pour cause, aucun parage n’a été réalisé ces cinq dernières années, ni aucune vache réformée pour ce motif.
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Avec 35 vaches normandes élevées sur aire paillée, l’exploitation qui nous intéresse est inconnue de notre équipe pour des problèmes de boiteries. Et pour cause, aucun parage n’a été réalisé ces cinq dernières années, ni aucune vache réformée pour ce motif.

Que peut-il donc se passer pour que l’éleveur m’appelle au sujet de trois vaches qui boitent du jour au lendemain, sans qu’aucun antibiotique n’améliore les choses ?

Cela ressemble à un panaris…

Les symptômes et le contexte décrits par l’éleveur incriminent presque tous le panaris : la veille, aucun signe notable n’est observé ; le lendemain, les vaches ne posent plus le pied ; tout le pied est gonflé, la météo chaude et un peu humide, et le côté épidémique de la situation (trois cas en une semaine).

Pour rappel, le panaris est la seule maladie du pied qui justifie l’usage d’antibiotiques. Il a des caractéristiques précises, parmi lesquelles la guérison en 24 heures après l’administration de n’importe quel antibiotique injectable. Mais dans ce cas, ils n’ont donné aucun résultat.

… colonisé par de la dermatite digitée

Il ne reste plus qu’à soulever le pied : entre les onglons, nous observons la fente typique du panaris qui dure depuis trop longtemps. Mais la plaie a un drôle d’aspect : elle est rose framboise (photo u ). On dirait que de la dermatite digitée, ou Mortellaro, a colonisé la plaie. Elle en a toutes les caractéristiques : liseré périphérique blanc, poils hirsutes en périphérie, ulcère central rose, ­douloureux et à l’aspect de framboise.

Ces boiteries persistantes trouvent ici une bonne explication. Le seul moyen de supprimer rapidement la douleur due à la dermatite digitée est un traitement local efficace. Deux jours après l’application d’un pansement de hoof-gel, voici le résultat (photo v) : l’aspect framboise a disparu, tout comme la boiterie. Le pied est encore bien gonflé, mais avec l’anti-inflammatoire (Métacam), on sent que ça évolue dans le bon sens. Un second pansement sera néanmoins nécessaire.

Maintenant que les animaux vont mieux, il est temps de s’asseoir au bureau pour discuter de cette dermatite digitée. Avec un historique zéro boiterie et des lésions peu caractéristiques, difficile de certifier que la ferme est confrontée à une forte pression infectieuse. C’est pourquoi nous commençons par le commencement, c’est-à-dire la détection de la dermatite en salle de traite. L’éleveur identifiera ainsi onze vaches atteintes de lésions de dermatite digitée sur trente-cinq. « J’ai effectivement acheté des vaches dans une ferme touchée par la maladie. Mais je n’avais jamais eu de problème, ni avec ces animaux ni avec d’autres, me confie-t-il. Il est vrai que des vaches soulagent le pied en salle de traite, mais je pensais que c’était normal. »

Une lésion atypique qui doit mettre en alerte

Cela montre qu’aucun troupeau n’est à l’abri de la dermatite, même lorsque le mode d’élevage est très loin du tout-béton, si propice à son développement. Il est également intéressant de noter que ce type de lésions atypiques de dermatite est souvent l’occasion de révéler la présence de la maladie dans un troupeau (voir page suivante). Ici, ce sont des panaris qui ont été colonisés. En effet, les lésions atypiques sont plus visibles que les lésions classiques de dermatite, habituellement cachées sous le pied. De plus, étant souvent très douloureuses et difficiles à guérir, elles motivent l’appel du vétérinaire. Enfin, elles sont plus rares et souvent le signe d’un développement insidieux de la maladie au sein du troupeau, c’est-à-dire au-delà de 15 % d’animaux infectés. Dans ce cas, une réflexion approfondie devra donc être menée autour d’un protocole de prise en charge de la maladie.

Les vaches se blessent en sortie de bâtiment

La présence de la dermatite digitée est donc avérée . Mais nos trois vaches ont d’abord boité à cause d’un panaris. Pour mieux comprendre l’origine de cette petite épidémie, nous refaisons à pied leur parcours quotidien. Dès la sortie du bâtiment, nous constatons une zone boueuse au niveau de l’accès aux pâtures. Les vaches y passent tous les jours. « L’orientation est au nord et le terrain ne sèche jamais », souligne l’éleveur. Mais en ce printemps plutôt sec, il est surprenant de trouver tant d’eau à cet endroit. « Depuis un an, j’utilise un surpresseur qui me fait gagner beaucoup de temps en nettoyage. Mais il consomme plus d’eau et l’évacuation n’a pas été prévue. » En effet, l’eau de lavage afflue du quai de traite (voir photo page précédente) et s’écoule en partie dans cette zone.

« J’essaie d’apporter des cailloux au godet, mais ils disparaissent dans la boue, enfoncés par le passage des vaches. » Ce sont ces cailloux qui provoquent des blessures par lesquelles pénètrent les germes du panaris. Il trouve dans ce petit bourbier en sortie de bâtiment un terrain favorable à leur développement, dès qu’il fait un peu chaud… comme en ce début de printemps. Stabiliser les chemins est certes capital, mais évacuer l’eau est encore plus important. Après une courte réflexion, un caniveau a donc été installé pour évacuer l’eau au sommet de la parcelle attenante.

Plus d'infos sur le sujet

Ces lésions sont souvent le signe d’un fort développement de la dermatite ­digitée au sein du troupeau, c’est-à-dire plus de 15 % d’animaux atteints par des formes plus classiques de la maladie.

Autres exemples de lésions atypiques de dermatite

Ces lésions sont souvent le signe d’un fort développement de la dermatite ­digitée au sein du troupeau, c’est-à-dire plus de 15 % d’animaux atteints par des formes plus classiques de la maladie.

À l’avant du pied : la douleur est souvent très forte et la guérison est quasi impossible sans un parage régulier. © N.Gaudout
Sur une limace : la douleur est forte, mais l’application régulière de pansements permet de maîtriser la boiterie. © N.Gaudout
À l’intérieur de l’onglon accessoire : rarissime, cette lésion demande parage et soins réguliers pour en venir à bout. La boiterie peut être très importante si le pied gonfle. © N.Gaudout
Loin du pied : la lésion est peu douloureuse et la prise en charge aisée. © N.Gaudout
À l’intérieur de l’onglon : encore appelée nécrose de la pince, cette lésion est presque une maladie à elle seule. Seul un parage appuyé et régulier permet de maintenir la vache en production­. © N.Gaudout
Surinfection d’une lésion déjà présente : sur le vif mis au jour © N.Gaudout
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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