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Des veaux qui ne mangeaient pas assez

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Le veau dernier-né n’a pas le temps de consommer son aliment et de se retirer du cornadis qu’un autre beaucoup plus âgé vient achever son épeautre, tous les deux restant bloqués. © Pierre Kirsch

Le retard de croissance des jeunes veaux était dû à un manque d’accessibilité à l’aliment et au foin.

Dans un lot de douze veaux femelles de renouvellement, âgées de un à trois mois, l’éleveur sollicite notre expertise pour soigner les deux plus jeunes. En effet, ils sont dans un état corporel moindre que les autres et depuis ce matin, le dernier-né, âgé de presque un mois, n’a pas bu son lait, ce qui inquiète notre éleveur. À première vue, ce veau amaigri est cachectique et présente un retard de...
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Dans un lot de douze veaux femelles de renouvellement, âgées de un à trois mois, l’éleveur sollicite notre expertise pour soigner les deux plus jeunes. En effet, ils sont dans un état corporel moindre que les autres et depuis ce matin, le dernier-né, âgé de presque un mois, n’a pas bu son lait, ce qui inquiète notre éleveur. À première vue, ce veau amaigri est cachectique et présente un retard de croissance important, comme son congénère. Les os du bassin et de la colonne vertébrale sont saillants et la fonte musculaire est telle que le fémur est largement visible. Il n’est plus très vigoureux et a pratiquement perdu son réflexe de succion. Sa température rectale est de 38,5°C et ses matières fécales molles. Le reste de l’examen général est satisfaisant, si ce n’est un pli de peau légèrement persistant. Je mesure sa glycémie qui se révèle assez basse : 0,77 g/l de sang. D’un commun accord avec l’éleveur, nous ne mettons aucun traitement en place sans avoir le résultat de l’analyse coprologique. Réalisée le jour même à la clinique, celle-ci ne met en évidence que de rares coccidies, ce qui est bien insuffisant pour expliquer l’état général de ces deux veaux. Je retourne chez l’éleveur pour approfondir l’anamnèse (recueil d’informations sur l’animal malade). Sachant l’hétérogénéité du lot, je m’inquiète de savoir depuis quand les deux veaux ont rejoint le groupe.

400 g de poudre au lieu des 780 g préconisés

C’était il y a moins d’une semaine et ils étaient déjà amaigris à ce moment, ce qui fait dire à l’éleveur qu’ils sont malades depuis assez longtemps. Je le questionne sur le plan d’allaitement et ce que j’apprends me stupéfait.

La poudre de lait, certes de bonne qualité puisqu’à base de 50 % de poudre de lait écrémé, est distribuée avec parcimonie. La buvée est de 2 litres matin et soir à une concentration insuffisante de 100 g/l, contre les 130 g/l préconisés par le fabricant. Toujours selon les recommandations, les veaux âgés de 3 à 4 semaines doivent recevoir 3 litres par buvée, soit un total de 780 g de poudre, contre les 400 g actuels, c’est-à-dire la moitié des besoins du veau. Avec ce régime, les veaux ne peuvent que maigrir. Rapidement, l’éleveur met à disposition des veaux de l’épeautre aplati, du foin et un seau d’eau. Je note l’absence d’une pierre de sel et bien que l’aliment premier âge soit déficitaire en protéines, les veaux sont précocement préparés au sevrage.

Mais c’est ailleurs que le bât blesse : l’accessibilité aux aliments et la compétition entre les animaux d’âges différents.

Les dominants monopolisent l’accès

Les veaux disposent d’une place au cornadis avec un porte-seaux. Chacun reçoit son lait. S’ensuit la distribution de l’épeautre. L’observation du repas (voir photo) se passe de commentaire. Le veau dernier-né n’a pas le temps de consommer son aliment et de se retirer du cornadis qu’un autre, beaucoup plus âgé, vient achever son épeautre, tous les deux restant bloqués. L’accès au foin pose également un problème. L’étroitesse des barreaux du râtelier ne permet pas une préhension facile du foin, qui plus est de piètre qualité cette année. Les veaux dominants monopolisent l’accès et les autres se contentent des refus au sol. Au final, les derniers arrivés, déjà affaiblis par un rationnement du lait et mis en concurrence avec des veaux plus âgés, n’ont aucune chance de s’en sortir, c’est mon analyse. L’éleveur a accepté l’évidence, à savoir le sous-dosage de la poudre de lait et les volumes distribués, mais il estime que ses deux veaux sont malades presque depuis la naissance et que je n’ai pas trouvé la maladie en cause. Hélas, il ne voit pas qu’en réalité, c’est tout le lot qui souffre d’un retard de croissance manifeste.

J’ai soigné les deux veaux avec un peu de dexaméthasone pour stimuler l’appétit, des vitamines et des oligoéléments et une spécialité anti-coccidienne par voie orale.

À ce jour, l’ajustement des apports en lait permet aux veaux de survivre mais ils demeurent plus petits et plus maigres.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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