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Le recours à l’antibiotique colistine restreint

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Moins d’antibiotiques. C’est l’objectif visé par les autorités européennes et françaises dans les élevages. Le métier d’éleveur va évoluer ces prochaines années avec plus de pratiques de prévention. © Claire Hue

Diarrhées des veaux. La colistine est prescrite classiquement contre les diarrhées coliba-cillaires. Elle devient interdite en prévention.

La colistine est un antibiotique couramment utilisé contre les diarrhées colibacillaires des jeunes veaux. Sous l’impulsion de l’Union européenne, les autorités sanitaires françaises (Anses) ont restreint, en septembre dernier, son recours. L’objectif est de réduire de moitié son utilisation en trois ans.
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La colistine est un antibiotique couramment utilisé contre les diarrhées colibacillaires des jeunes veaux. Sous l’impulsion de l’Union européenne, les autorités sanitaires françaises (Anses) ont restreint, en septembre dernier, son recours. L’objectif est de réduire de moitié son utilisation en trois ans.

Elle est interdite en usage préventif. En usage curatif, elle doit être administrée seule, par voie orale, pour une durée de traitement de maximum sept jours. Jusque-là, elle était généralement prescrite en association avec d’autres antibiotiques. L’autorisation de mise sur le marché de ces associations est suspendue ou supprimée(1). On considère en effet que leur résultat n’est pas supérieur à la colistine seule. Leur spectre plus large risque de créer d’autres antibiorésistances que celle à la colistine.

Lutter contre l’antibiorésistance

C’est la lutte contre l’antibiorésistance qui motive cette décision. En médecine humaine, la colistine fait partie des antibiotiques de dernier recours contre des infections noso­comiales dues à des bactéries multirésistantes (certaines souches d’Escherichia coli par exemple). Les mesures prises visent donc à la protéger de ce phénomène et ainsi à préserver son usage. Un gène de résistance à la colistine, transférable d’une souche bactérienne à une autre, est détecté dans le monde entier chez l’homme et l’animal, dont les bovins. Un nouveau gène de résistance a été identifié en juin 2016 en Belgique dans des souches porcines et bovines de E. coli. Malgré tout, l’Anses n’a pas jugé nécessaire de la classer en antibiotique vétérinaire critique, c’est-à-dire en deuxième intention de prescription, après une analyse bactériologique et un antibiogramme réalisés par le vétérinaire. L’autorité sanitaire fonde sa décision sur la réduction de son utilisation ces dernières années alors que la prévalence du gène de résistance augmente. Cela laisse à penser que la dissémination du gène et l’usage de la colistine ne sont pas forcément liés. Il faut tout de même avoir à l’esprit que cette décision peut évoluer vers son classement en antibiotique critique.

Des mesures d’hygiène indispensables

Pl us encore qu’avant cette restriction d’usage, les mesures de prévention contre les diarrhée s des veaux sont indispensables. Cela passe par des règles sanitaires et d’hygiène strictes à la naissance et durant les trois premières semaines du veau : box exclusivement dédié aux vêlages, désinfection du nombril dès la naissance, en case individuelle pendant au moins quinze jours, nettoyage et désinfection de la case après chaque veau, au moins 4 litres de colostrum de qualité dans les douze premières heures qui suivent la naissance, nettoyage et égouttage des seaux après chaque buvée, vide sanitaire de la nursery d’au moins un mois, etc. (voir dossier de L’Éleveur laitier de février 2017).

Des vaccins en prévention

Si les mesures d’hygiène ne suffisent pas, la vaccination est l’autre voie de prévention. Les deux principaux vaccins luttent ­contre les rota- et coronavirus, la souche K99 d’E. coli et/ou la souche CS31A. Ils sont souvent appliqués après un épisode de diarrhées. L’idéal est d’y recourir sans attendre les problèmes en vaccinant les vaches taries un mois avant leur vêlage (1 à 2 injections selon le vaccin et un rappel annuel au moment du tarissement).

S’ils ne sont pas adaptés, va s’ouvrir une autre possibilité ces prochains mois : les autovaccins. Une fois la souche bactérienne pathogène détectée à partir de l’analyse d’échantillons de fèces des veaux, ces échantillons serviront à la fabrication de l’autovaccin. À utiliser uniquement dans l’élevage concerné.

(1) Suspension : Intestivo. Suppression : Colampi O, Colampi B, prémélange médicamenteux CS Franvet, Oxycoli, Septotryl-Colistine, Colidaryl, Enterogel 30, Phadilact, Belcospira oral, Colisultrix poudre et N.P. 8.

vétérinaire au GDS du Calvados
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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