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Un vêlage difficile qui appelle à la vigilance

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Le point hémorragique a été localisé après l’extraction du veau par césarienne. © Christian Watier

Une hémorragie de l’utérus n’est pas toujours fatale, à condition de garder le risque à l’esprit.

Par une froide nuit de décembre aux confins de la Moselle, un éleveur bio performant fait appel à moi pour le vêlage difficile d’une grosse vache prim’holstein : la tête du veau est repliée sur le côté et il y a une semi-torsion de l’utérus. À mon arrivée, le veau semble sans vie car il ne répond plus aux stimulations de pincement entre les onglons. Cela me laisse le temps pour plusieurs tentatives...
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Par une froide nuit de décembre aux confins de la Moselle, un éleveur bio performant fait appel à moi pour le vêlage difficile d’une grosse vache prim’holstein : la tête du veau est repliée sur le côté et il y a une semi-torsion de l’utérus. À mon arrivée, le veau semble sans vie car il ne répond plus aux stimulations de pincement entre les onglons. Cela me laisse le temps pour plusieurs tentatives de remise en place de la tête. Rien n’y fait et je renonce, non sans regrets, le veau est mort. La seule issue est de faire une césarienne. La vache vacille, je la perfuse au calcium de peur qu’elle ne chute à cause d’une fièvre de lait pendant l’opération. Qu’elle n’a pas été mon inquiétude à l’ouverture de l’abdomen : des litres de sang avant même d’atteindre l’utérus, n’augurant rien de très rassurant. Surtout ne pas paniquer ! Mais chercher immédiatement à déterminer l’endroit de l’hémorragie. Une exploration manuelle méticuleuse révèle que les artères principales sont intactes.

La paroi de l’utérus déchirée par le pied du veau à l’agonie

Puis j’extrais le veau, et finis alors par mettre la main sur la zone qui saigne : c’est une large plaie béante dans l’épaisseur de la paroi de l’utérus déchirée par un coup de pied du veau agonisant, probablement bien avant l’intervention. Le temps de recoudre toutes ces lésions très irrégulières, et le fait qu’elle ait perdu probablement 5 litres de sang, avec la fièvre de lait qui couve, me font craindre pour la survie de la vache. Finalement, elle va passer le cap après des soins les plus pertinents possible : une perfusion de grand volume, associée à du calcium, du glucose et des antihémorragiques. Malgré un début de péritonite dans les jours suivants (causée par les caillots de sang que je n’ai pas réussi à éliminer lors de la chirurgie), la vache a guéri.

L’hémorragie peut être détectée à main nue

Les leçons à tirer de toute cette mésaventure :

un veau à l’agonie est capable, par ses mouvements brusques, de déchirer ­grièvement l’utérus ;

des vaches trouvées mortes après vêlage font rarement des « crises cardiaques » : il faut plutôt dans ce cas ­suspecter une fièvre de lait, une hémorragie, une mammite colibacillaire ;

il ne faut pas négliger l’hypothèse d’une déchirure de l’utérus sur une vache qui ne mange pas après vêlage ;

les hémorragies d’une artère vaginale sont beaucoup plus fréquentes et l’écoulement de sang est généralement visible par la vulve. Il s’agit de le repérer à main nue (on sent mieux le jet saccadé de sang) et de pincer l’artère en cause, ou de bourrer l’utérus avec un linge humide en attendant le vétérinaire si le pincement est impossible. Vues et soignées à temps, ces lésions-là sont d’un pronostic généralement favorable.

Dans tous les cas, il ne faut pas laisser sans soins une vache choquée après un vêlage. D’autres types d’hémorragies sont plus difficiles à résoudre : ulcère hémorragique de la caillette, hémorragie intestinale, pulmonaire. Elles sont généralement fatales, d’autant que leurs causes sont le plus souvent inconnues.

vétérinaire dans les Ardennes
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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