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Une pneumonie par fausse déglutition

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vétérinaire dans les ArdennesPierre Kirsch

À la suite d’une fièvre de lait, une mauvaise administration de calcium buvable a provoqué une pneumonie aiguë de type gangrène.

Il est 21 heures quand un client inquiet pour l’une de ses vaches laitières appelle le service de garde de la clinique. Vêlée depuis un peu moins de quarante-huit heures, elle a eu beaucoup de mal à se relever trois heures auparavant. Suspectant une fièvre de lait, l’éleveur lui a administré cinq cents millilitres d’une solution orale de calcium. Une heure après, la vache lui paraît en meilleure forme et ses extré...
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Il est 21 heures quand un client inquiet pour l’une de ses vaches laitières appelle le service de garde de la clinique. Vêlée depuis un peu moins de quarante-huit heures, elle a eu beaucoup de mal à se relever trois heures auparavant. Suspectant une fièvre de lait, l’éleveur lui a administré cinq cents millilitres d’une solution orale de calcium. Une heure après, la vache lui paraît en meilleure forme et ses extrémités qui étaient froides sont réchauffées. Juste avant son appel, la vache est toujours debout, mais ses oreilles sont de nouveau froides, elle refuse de boire et de s’alimenter, ce qui motive l’appel de l’éleveur.

Oreilles basses et mousse à la commissure des lèvres

À mon arrivée, cette vache de race holstein est debout, à l’attache dans l’étable. Elle est abattue avec la tête et les oreilles basses, un peu de mousse à la commissure des lèvres et un léger jetage nasal muqueux. Sa température rectale est de 38,2°C et ses extrémités sont froides. Elle a correctement délivré et je ne détecte aucune mammite. Au fouiller rectal, les matières fécales sont sèches et les contractions ruminales rares sont de faible intensité. L’hypothèse d’une hypocalcémie se confirme. Cependant, deux autres symptômes m’interpellent. Ses mouvements respiratoires sont rapides mais de faible amplitude. Les bruits respiratoires à l’auscultation sont légèrement augmentés et associés à de la tachycardie.

Respiration rapide et pronostic réservé

Interpellé, je questionne l’éleveur qui m’explique qu’à la suite de l’administration du calcium buvable, la vache s’est mise à respirer très rapidement pendant une heure. Maintenant, c’est une évidence : je suis face à un début de pneumonie par erreur de lieu, autrement appelée pneumonie par fausse déglutition. Le calcium buvable, non stérile, est responsable immédiatement d’une pneumonie aiguë de type gangrène. En effet, après l’administration du calcium par voie orale, une petite partie du produit n’a pas été avalée mais s’est orientée vers les voies respiratoires, en descendant par la trachée et les bronches pour se retrouver au niveau des lobes antérieurs d’un poumon. Le pronostic est réservé, même après la mise en place précoce d’un traitement. Je suis intervenu environ quatre heures après l’incident. J’ai rapidement administré du calcium en intraveineuse pour la suspicion d’hypocalcémie et une forte dose d’anti-inflammatoire stéroïdien ainsi qu’un antibiotique à large spectre.

Rechute trente-six heures après l’arrêt de l’antibiotique

Il était convenu avec l’éleveur de réévaluer la situation le lendemain matin. La vache est toujours abattue avec une température rectale à 39°C. La respiration est identique à la veille. À l’auscultation, des signes d’œdème pulmonaire sont relevés. Un traitement complémentaire à base de diurétiques est instauré pour trois jours et l’antibiothérapie commencée la veille est prolongée d’une semaine. Soixante-douze heures après l’incident, la vache a retrouvé son appétit, monte en lait et respire presque normalement. Je demande à l’éleveur de la surveiller pendant les vingt-quatre à quarante-huit heures qui suivront la fin de l’antibiothérapie. Trente-six heures après la fin d’activité de l’antibiotique, l’animal paraît moins vif, manque un peu d’appétit et remonte à 39°C. L’antibiothérapie est renouvelée pendant dix jours sans autre rechute à la fin du traitement. Ce cas, au pronostic réservé, n’est pas fréquent et peut être évité par l’usage d’une formulation de calcium non pas buvable mais sous forme de bolus.

Danger mortel. Lors de l’administration du calcium par voie orale, une petite partie du produit n’a pas été avalée mais s’est orientée vers les voies respiratoires, en descendant par la trachée et les bronches pour se retrouver au niveau des lobes antérieurs du poumon. © Stéphane Leitenberger
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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