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Des asticots dans le nombril du nouveau-né

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Infection. Cordon mal désinfecté, chaleur, matière organique : tous ces éléments constituent un terrain favorable à l’infection du nombril.

De passage dans la ferme pour une autre raison, l’éleveur souhaite me montrer un beau veau mâle hereford fraîchement né qui a déjà un gros nombril.
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De passage dans la ferme pour une autre raison, l’éleveur souhaite me montrer un beau veau mâle hereford fraîchement né qui a déjà un gros nombril.

On est au mois d’août, un chaud soleil nous accompagne depuis déjà plusieurs semaines. Le veau en question est né tout seul au champ entre la fin d’après-midi et le début de la matinée suivante. Dès le lendemain matin, l’éleveur observe que le nombril est gros. Au moment de l’examen, le veau a donc entre 24 et 36 heures. Le nombril est effectivement gonflé et douloureux. Le veau se défend lorsqu’on y touche et sa température rectale est de 40,5 °C.

Des points blancs grouillent dans les replis

Le cordon semble avoir une longueur correcte, mais il n’y a pas eu de trempage après le vêlage. On voit les traces d’urine qui s’écoule bien par le pénis, et non par le cordon. La palpation profonde au niveau du ventre ne révèle pas d’anomalie. L’aspect du cordon en lui-même est moyen : l’artère ne s’est pas bien vidée de son sang, elle n’est pas bien remontée dans le ventre et n’est pas protégée par la gaine du cordon. Le risque avec cet aspect de cordon est que des germes remontent dans l’abdomen, notamment au niveau du foie sur lequel est directement branchée cette artère.

Mais dans son cas, ce sont des asticots qui ont profité de ce terrain favorable ! En regardant de près l’entrée du nombril, on découvre, enfouis dans les replis, des points blancs qui grouillent et creusent les tissus.

Quelques minutes après l’application de deltaméthrine sur la peau saine autour du nombril, les asticots commencent à tomber. Quelques heures plus tard, le nombril paraît déjà moins gonflé : les asticots se sont bien évacués. Le traitement est complété par un trempage du cordon à l’iode pendant les cinq jours qui suivent et la mise en place d’un traitement anti-inflammatoire et antibiotique. Dix jours après, les nouvelles sont bonnes. Même avec des vêlages qui se passent tout seuls, on peut donc avoir des cordons anormaux, c’est-à-dire trop longs, trop courts, avec les veines ou artères qui dépassent et ne sont pas protégées, ou encore une mauvaise oblitération des vaiss­eaux avec des saignements ou des hématomes.

Apparition des larves en moins de douze heures

Le cordon doit rester une zone de contrôle systématique, que ce soit un mâle ou une femelle ! L’éleveur a été surpris de la rapidité avec laquelle les asticots se sont développés. Il faut avoir à l’esprit que la durée du cycle de la mouche est dépendante, d’une part, de la température (de 51 jours à 16 °C, il passe à 7 jours à 35 °C) et, d’autre part, de la présence de milieu favorable comme la matière organique. Le cycle se décompose en différents stades : œufs, trois types de larves (asticots), pupes et adultes. Les œufs peuvent éclore en moins de douze heures pour donner les asticots, comme sur ce veau nouveau-né. Les asticots sont des agents de myases facultatifs : ils se nourrissent alors des tissus sains ou abîmés. Il ne faut pas négliger les dégâts qu’ils peuvent causer, surtout à des animaux déjà affaiblis par leur plaie ou maladie (la diarrhée des veaux est un bon exemple) : ils peuvent creuser profondément et entraîner des décollemen­ts importants des tissus, de même qu’ils vont inoculer en profondeur les bactéries qu’ils portent à leur surface.

Cachés dans les replis du nombril de ce jeune veau hereford, les asticots pullulent et creusent les tissus. © S.Rodier
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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