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Paralysie faciale liée à une listériose

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vétérinaire dans les ArdennesPierre Kirsch

Méningo-encéphalite. La forme nerveuse de la listériose peut s’observer après la consommation de fourrages mal conservés.

Une vache laitière de race holstein, âgée de 5 ans et vêlée depuis quatre mois, a chuté en lait depuis trois jours. Bien que l’animal soit toujours capable de s’alimenter, l’éleveur a observé des phases de régurgitation.
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Une vache laitière de race holstein, âgée de 5 ans et vêlée depuis quatre mois, a chuté en lait depuis trois jours. Bien que l’animal soit toujours capable de s’alimenter, l’éleveur a observé des phases de régurgitation.

La vache, accrochée au cornadis, est amaigrie avec une note d’état corporel et un score de remplissage du rumen inférieurs à deux. La température rectale est de 39,2 °C et rien n’est à signaler au fouiller rectal. Les contractions du rumen sont normales en fréquence et en intensité. Le réflexe du garrot est négatif, les bouses satisfaisantes mais présentes en moindre quantité. Le pli de peau au niveau de la cuisse est légèrement persistant (deux secondes), ce qui indique une déshydratation. Il n’y a aucun signe de mammite.

Mais qu’est-ce qui empêche cette vache de s’alimenter normalement ? Je souhaite dès lors poursuivre mes investigations du côté de la cavité buccale. Cependant, face à l’animal, un symptôme majeur est nettement visible : l’oreille et la paupière supérieure du côté droit de la vache sont tombantes et immobiles. Une paralysie faciale unilatérale est évidente et c’est elle qui explique également la réduction de l’ingestion, de la production laitière et l’amaigrissement.

Les phases de régurgitation sont probablement liées à une paralysie partielle de la langue, voire du carrefour larynx-pharynx, ce qui pénalise la déglutition. Le diagnostic s’oriente immédiatement vers une méningo-encéphalite à listeria monocytogenes.

Les signes nerveux peuvent être multiples

La listériose est une zoonose qui existe sous trois formes différentes : nerveuse, septicémique chez les jeunes animaux et abortive plutôt après sept mois de gestation. Pour la forme nerveuse, la paralysie faciale unilatérale caractéristique n’est pas systématique. Avec les symptômes généraux, les signes nerveux peuvent s’exprimer différemment avec une déviation de la tête, une démarche en cercle, une ataxie, voire des chutes, et un décubitus permanent associé ou non à une kérato-conjonctivite. La bactérie est ubiquiste, c’est-à-dire qu’elle est présente partout dans l’environnement, les sols et l’eau. Elle est capable de résister à des pH inférieurs à 5,5 et de reprendre sa multiplication en présence d’oxygène à un pH supérieur à 5,5. Dès lors, les sources principales d’infection des ruminants sont les enrubannés et les ensilages mal conservés, contaminés par de la terre. Les parties les plus contaminantes sont les pourtours et les fins de silo ainsi que les refus.

D’autres maladies sont à suspecter

Une autre origine correspond aux produits d’avortements et aux animaux porteurs sains excréteurs dans leurs matières fécales, sécrétions génitales et nasales. Le diagnostic différentiel fait intervenir les traumas, les otites moyennes, les encéphalites, les abcès de l’encéphale, la nécrose du cortex cérébral, l’encéphalopathie spongiforme bovine et le botulisme. Le traitement mis en place consiste à administrer des antibiotiques. Dans le cas présent, il s’agit d’une ­association à base de triméthoprime et de sulfamides pendant un minimum de cinq jours. Un anti-inflammatoire non stéroïdien longue action accompagne la première ­injection d’antibiotique. Trois jours plus tard, les symptômes de paralysie n’ont pas encore totalement disparu, mais la vache mange plus facilement, ne régurgite plus et remonte en lait.

Symptômes. L’animal chute en lait, régurgite et s’amaigrit. L’oreille et la paupière supérieure du côté droit sont tombantes et immobiles. Une paralysie faciale unilatérale est évidente. © Pierre Kirsch
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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