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Une vache qui a survécu à la foudre

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Symptômes. L’animal est prostré avec des brûlures diffuses sur le corps et la mamelle. Il se dégage une forte odeur de brûlé . © J.Gobert

Rare. Il n’existe pas de traitement spécifique, mais par l’examen clinique, les lésions détectées ont pu être soignées. Pas les séquelles.

Un éleveur me sollicite un matin pour une vache bizarre au parc : elle est debout et prostrée dans un coin. À l’approche, je note deux choses : elle ne bouge pas, semblant ne pas avoir conscience de notre présence, et elle dégage une forte odeur de brûlé. Lorsque l’éleveur lui pose la têtière, elle réagit enfin mais sa démarche est hésitante et elle manque de tomber. Elle a le dos voussé...
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Un éleveur me sollicite un matin pour une vache bizarre au parc : elle est debout et prostrée dans un coin. À l’approche, je note deux choses : elle ne bouge pas, semblant ne pas avoir conscience de notre présence, et elle dégage une forte odeur de brûlé. Lorsque l’éleveur lui pose la têtière, elle réagit enfin mais sa démarche est hésitante et elle manque de tomber. Elle a le dos voussé et refuse de se déplacer. Sa peau montre des brûlures diffuses sur le corps et la mamelle. Elle présente un aspect cartonné et est insensible. La température rectale est trop basse et la vache semble sourde et aveugle.

L’auscultation cardio-pulmonaire révèle des troubles du rythme cardiaque, un rythme respiratoire trop bas et un léger œdème pulmonaire. Un arrêt du transit intestinal et des ­contractions ruminales sont notés. Les nombreuses atteintes organiques­ (système cardio-vasculaire, neurologique, digestif, cutané) et l’odeur font penser à un animal foudroyé. L’éleveur confirme un fort épisode orageux survenu la veille en soirée. Ces cas de vaches foudroyées non décédées sont rares. La prise en charge est symptomatique (c’est-à-dire dirigée contre les symptômes) car il n’existe pas de thérapeutique spécifique.

Prendre en compte les effets de l’électrisation

Elle dépend donc des effets de l’électrisation qui, elle-même, varie en fonction : de l’énergie électrique reçue par le corps ; des conditions de l’électrisation (topographie, surface des points de contact, trajet du courant dans le corps, degré d’humidité du milieu, durée du passage du courant, etc.) ; des caractéristiques propres au sujet (résistance) ; des paramètres relatifs au courant (éclair ascendant, descendant ou latéral, tension de toucher ou tension de pas, etc.).

De fait, les conséquences sont extrêmement variables et c’est l’examen clinique qui va orienter le choix du traitement. Il faut retenir que l’écoulement du courant électrique se fait selon les trajets de moindre résistance : formations liquidiennes, vasculaires (artères et veines) et nerveuses.

Les manifestations cliniques initiales sont de cinq ordres :

cardiaque : augmentation de la fréquence, troubles du rythme, infarctus du myocarde, épanchement liquidien autour du cœur avec compression de ce dernier ;

vasculaire : trouble de la circulation avec arrêt de la circulation du sang vers les extrémités du corps (oreilles, nez, bas des membres), hémorragie par destruction des parois vasculaires ;

neurologique : confusion, stress, faiblesse, voire paralysie, hémorragie cérébrale ;

cutané : brûlures avec peau cartonnée, marbrée ;

musculaire : crampes, contractures, tétanies musculaires, y compris des muscles respiratoires et cardiaques avec destruction des cellules musculaires et hématome.

J’instaure donc en première intention :

une perfusion de glucose ;

un drenchage et une perfusion de 3 litres d’eau salée à 7,2 % pour induire une hyperhydratation et prévenir le risque d’insuffisance rénale aiguë. En effet, la destruction des cellules musculaires libère leur ­contenu (notamment la myoglobine), qui se retrouve en excès dans le sang et que le rein doit filtrer pour élimination. Or, en cas d’excès de myoglobine, le rein peut se retrouver bloqué et ne plus détoxifier le sang. L’hyperhydratation va le stimuler en forçant la diurèse ;

une injection de vitamine E et sélénium pour leur effet antioxydant et protecteur des muscles ;

des anti-inflammatoires pour lutter contre la douleur.

Je conseille de rentrer l’animal en bâtiment afin de protéger les brûlures cutanées contre les effets des UV et, en relais, je prescris un hépatoprotecteur contenant du sorbitol (pour son effet diurétique) par voie orale pendant plusieurs jours. Dès le lendemain, la vache était mieux : la conscience s’était améliorée et l’appétit était revenu. L’éleveur n’a donc pas voulu aller plus avant dans les soins. ­Malheureusement, l’évolution à moyen terme s’est révélée mitigée car elle a été revue six semaines plus tard pour une prise alimentaire insuffisante et une perte d’embonpoint. L’analyse de sang a mis en évidence une augmentation de l’urémie et de la créatinémie, marqueurs sanguins confirmant une insuffisance rénale comme séquelle. Le pronostic étant sombre, l’éleveur a préféré que l’on euthanasie animal.

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