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Dossier. « En zone séchante, les vaches sortent tout l’hiver »

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Pour compenser la sécheresse de l’été, le Gaec maximise la part d’herbe pâturée par l’implantation de luzerne et de sorgho , mais aussi par le maintien des animaux au pâturage pendant l’hiver.

L’allongement de la saison de pâturage est déterminant pour la réussite économique d’une conversion à l’agriculture bio, au regard du coût de la ration hivernale. Cécile Guimefoleau et Xavier Gobin l’ont bien compris et ont bâti leur système d’élevage en conséquence, malgré des conditions pédoclimatiques difficiles. Installés dans les Deux-Sèvres, ils produisent 304 ...
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L’allongement de la saison de pâturage est déterminant pour la réussite économique d’une conversion à l’agriculture bio, au regard du coût de la ration hivernale. Cécile Guimefoleau et Xavier Gobin l’ont bien compris et ont bâti leur système d’élevage en conséquence, malgré des conditions pédoclimatiques difficiles. Installés dans les Deux-Sèvres, ils produisent 304 000 litres de lait bio dans un environnement caractérisé par des sols sableux, à faible réserve en eau, un sous-sol granitique, parfois affleurant, et un climat océanique marqué par une sécheresse estivale prononcée.

« Ces conditions séchantes n’ont heureusement pas que des inconvénients, souligne Cécile. Les terres portantes permettent de maintenir une part de pâturage, même en hiver où nous avons peu de périodes de gel, avec un climat qui a clairement tendance à se radoucir. »

Concrètement, les éleveurs se sont donné les moyens d’accéder à 40 ha de prairies depuis la stabulation grâce à des échanges de parcelles et des autorisations de passage négociés avec des voisins. Ils n’hésitent pas à parcourir jusqu’à 2 km pour accéder aux parcelles les plus éloignées, quitte parfois à traverser une route, soit près de quarante-cinq minutes de marche pour mener le troupeau aux parcelles les plus éloignées.

« La taille du troupeau est calée sur la surface pâturable »

« Cela reste un travail plus agréable que de démarrer un tracteur pour désiler, fait observer Xavier. La taille du troupeau a ensuite été calée en fonction de cette surface disponible. »

Ces prairies sont divisées en vingt paddocks de 1,5 à 2 ha. Il s’agit de prairies implantées pour cinq à dix ans, avec un mélange préparé à la ferme, composé de 10 kg de fétuque à feuilles souples, 10 kg de RGA diploïde tardif, 8 kg de TB, dont 4 kg de TB nain (Huya) et 4 kg de TB agressif (Alice), et 4 kg de trèfle hybride. « En zone séchante, la fétuque est une espèce plus facile à gérer dans une association que le dactyle. Ce dernier épie trop rapidement, ce qui crée des zones de refus par manque d’appétence. Le trèfle hybride assure une bonne productivité en première année. Mais inutile de complexifier le mélange avec des espèces comme le lotier, car les semences coûtent cher et il est peu présent dans le mélange. »

En hiver, la rotation sur l’ensemble des paddocks est maintenue, sauf en cas de gel. Mais le rythme est ralenti : des temps de présence d’une semaine par paddock entre 10 heures et 17 heures assurent ainsi un repos nécessaire à la prairie, en même temps qu’un déprimage favorable au bon redémarrage de printemps.

« Une ration 100 % herbe pâturée, avec 25 ares/VL »

« Même si l’ingestion ne dépasse pas 2 kg de MS entre décembre et février, cela permet d’aller chercher 1 à 2 litres de lait supplémentaires en économisant sur le coût de la ration », explique Xavier. Parallèlement, la ration complète distribuée à l’auge se compose de 5 kg de maïs, 5 kg de foin de luzerne, 5 kg d’ensilage d’herbe, 2 kg de foin, 1,5 kg de mélange céréalier aplati, 1 kg de tourteau de colza et 1 kg de tourteau de tournesol fermier.

Le maintien du pâturage hivernal facilite aussi une mise à l’herbe au printemps sans transition : début mars, les vaches sortent déjà jour et nuit  ; vers mi-mars, le silo d’herbe est fermé, puis celui de maïs, une semaine plus tard. « Fin mars, la ration se compose de 100 % d’herbe pâturée, à l’exception d’un peu de foin distribué le matin pour sécuriser la digestion. Jusqu’à la fin juin, les vaches vont tourner sur seulement 25 ares. L’entrée dans les paddocks se fait alors à une hauteur d’herbe entre 15 et 18 cm, avec un temps de présence de deux à trois jours. Puis, je réintègre les parcelles fauchées au premier cycle, passant ainsi à près de 60 ares/vache. Ce stock d’herbe sur pied disponible permet, sauf accident, de prolonger la période de silo fermé, sans concentrés, jusqu’à mi-juillet. »

Coût de la ration : de 62 € à l’herbe à 176 €/1 000 l à l’auge

Avec l’arrêt de la pousse de l’herbe en été, deux espèces prennent le relais : le sorgho multicoupe et la luzerne. Les 12 ha de luzerne, après une ou deux coupes, sont divisés en paddocks de 1,5 ha et pâturés dans la journée (il y a toujours un petit tapis fibreux de foin dans la panse des vaches avant de sortir).

Les 10 ha de sorgho sont gérés au fil : le fourrage est fauché et consommé à plat, au champ, le soir après la traite. Pour instaurer un décalage de pousse nécessaire au pâturage tournant, cette dérobée d’été est semée au mois de mai en trois fois, à quinze jours d’intervalle, entre une prairie et une céréale. « Le sorgho est moins riche que la prairie, mais il autorise une production individuelle de 15 litres, (25 litres au printemps), avec des vaches à plus de six mois de lactation, en moyenne. Il reste dans le cycle de pâturage jusqu’à fin septembre, au moment de réintégrer les pâtures. Le duo sorgho-luzerne permet ainsi de faire tampon pendant deux mois. Mais nous sommes parfois contraints de complémenter à l’auge, soit avec du foin et des céréales, soit avec des ensilages d’herbe ou de méteil. » Ici, les vêlages sont étalés entre août et mars, avec un pic au mois de septembre, pour une production moyenne entre 22 et 23 litres/VL. La reproduction combine l’IA et le taureau, assurant les retours au printemps à une période où la richesse de l’herbe pénalise le taux de réussite. Sur ce principe, le coût de la ration 100 % herbe en 2018 est évalué à 62 €/1 000 litres par la chambre d’agriculture. Pendant l’automne, avec une part d’herbe pâturée d’environ 7 kg de MS, l’estimation s’élève à 106 €, pour se situer à 176 € en ration hivernale.

Jérôme Pezon
, préviennent Cécileet Xavier. © j.p.
L’exploitation

    À Noirlieu (Deux-Sèvres)

    Gaec Patepis

    3,5 UTH : Cécile Guimefoleau, Xavier Gobin, un salarié à temps plein et un à mi-temps

    70 vaches en croisement Procross : holstein x montbéliarde x rouge scandinave

    165 ha de SAU, dont 4 ha de colza, 4 ha de tournesol, 10 ha de maïs, 30 ha de méteil, 30 ha de prairies naturelles, 12 ha de luzerne et 75 ha de prairies temporaires

    Atelier de production d’huile, et de tourteaux de tournesol et de colza

Paddock. L’entrée dans le paddock se fait entre 15 et 18 cm de hauteur d’herbe. La sortie se fait après 2 à 4 jours de présence, © j.p.
Aléas climatiques. Le sorgho gagne du terrain

« Avec le réchauffement climatique, le sorgho se développe de plus en plus dans notre région, observe Ludovic Cotillon, conseiller en production laitière à la chambre d’agriculture des Deux-Sèvres. D’une part, le sorgho BMR monocoupe ensilé pour sécuriser les stocks en complément du maïs. D’autre part, le multicoupe à pâturer, pour prolonger la saison de pâturage en été. » Sa teneur en sucre lui confère une bonne valeur alimentaire au pâturage (de 0,81 UFL au stade montaison, à 0,7 UFL à l’épiaison) et des propriétés lactogènes. L’aptitude à faire des repousses du sorgho multicoupe permet ainsi de l’intégrer dans le cycle de pâturage des laitières. « Ce n’est pas une plante miracle, prévient le conseiller. Mais à l’image de la luzerne ou de la betterave, elle a la capacité à valoriser les petites pluies d’été pour produire de la biomasse lorsque les prairies ne poussent plus. »

Dans la pratique, il est pâturé au fil lorsqu’il atteint une hauteur de 60 cm. En deçà, la plante est toxique en raison de la présence d’acide cyanhydrique. Mais si le sorgho est fauché au moins trois heures avant d’être consommé au champ ou distribué en vert à l’auge, il peut être exploité à un stade jeune, comme au Gaec.

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