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Dossier. « Nous avons remis en cause notre conduite alimentaire »

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Stabulation neuve. Les 122 logettes et 132 places aux cornadis ont été mises en service en 2015. Stéphane Delaunay et son père, Maurice, les ont quasi autoconstruites durant deux ans, tout comme la salle de traite, les silos et la fosse à lisier. Édith Delaunay a remplacé Maurice en 2014 dans ce Gaec parents-enfant créé en 2004. © C.Hue

Il y a quatre ans, le coût alimentaire du Gaec du Bois Joli était trop élevé pour faire face à la crise laitière. Il a réagi pour réussir son développement et rapprocher le prix d’équilibre du prix du lait.

dans le sud de la Manche, Édith, Stéphane et Yvonne Delaunay mènent jusqu’au bout la logique d’intensification animale et fourragère. Sur 54 ha de surface fourragère, ils produisent plus d’un million de litres et vendent 40 taurillons par an, essentiellement grâce au maïs ensilage. Dans cet eldorado vert de l’Ouest, des rendements de 18 à 20 tonnes de matière sèche sont monnaie courante. Ils...
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dans le sud de la Manche, Édith, Stéphane et Yvonne Delaunay mènent jusqu’au bout la logique d’intensification animale et fourragère. Sur 54 ha de surface fourragère, ils produisent plus d’un million de litres et vendent 40 taurillons par an, essentiellement grâce au maïs ensilage. Dans cet eldorado vert de l’Ouest, des rendements de 18 à 20 tonnes de matière sèche sont monnaie courante. Ils cultivent aussi 25 ha de blé et gèrent 800 m² de poulets sous Label rouge. « Les laitières et les élèves ne pâturent pas. Elles restent dans les bâtiments toute l’année. Nous les surveillons mieux et nous n’avons pas besoin de gérer les transitions alimentaires liées au pâturage ni de faire des clôtures. Seules les taries sortent de mi-mai à mi-octobre. »

L’année 2018 est la dernière étape de cette forte intensification entamée à l’approche de la suppression des quotas.

Le Gaec a livré 1,08 million de litres de lait sur l’exercice février 2018-janvier 2019. Ce sont 84 830 litres de plus qu’il y a un an et 145 600 litres de plus qu’il y a deux ans.

Les investissements sur des équipements laitiers

« Notre référence était de 580 000 litres en 2014. Nous avons repris 300 000 litres juste avant la fin des quotas. Il y a cinq mois, pour éviter le dépassement de notre volume contractuel Eurial-Agrial, nous avons acheté des parts sociales pour l’équivalent de 100 000 litres », détaillent Édith et Stéphane Delaunay.

Avec 122 logettes dans la stabulation et une salle de traite 2 x 12 postes en TPA, le Gaec pourrait se développer encore un peu. Édith, qui assure la traite, dit stop : « Cent vaches matin et soir, c’est pour moi le maximum. »

Le doublement des livraisons en cinq ans s’est fait dans le souci de la maîtrise des charges de structure. La nouvelle stabulation mise en service fin 2014, la salle de traite, la fosse à lisier et les silos sont en majorité autoconstruits. « Cela a demandé à mon père et moi deux ans de travaux, mais pour un coût final de 450 000 €. » Plus largement, la stratégie du Gaec du Bois Joli est de concentrer ses investissements sur des équipements laitiers : pas de semoir, pas de pulvérisateur, pas de faucheuse, ni d’andaineur. Tous les travaux des champs sont réalisés à partir du matériel de Cuma et par l’ETA. La seule exception à cette règle : deux tracteurs puissants de 160 ch. En revanche, les associés ont mis le paquet sur l’alimentation des animaux : une désileuse automotrice achetée il y a deux ans pour 75 000 € (après reprise de la mélangeuse et aide PCAE). Ils réfléchissent aujourd’hui à des investissements qui leur faciliteront le travail. L’achat d’un taxi lait pour les veaux en est un. Une façon pour Édith et Stéphane de se préparer au départ à la retraite de Yolande à la fin de l’année. Elle est aujourd’hui responsable des veaux, des deux poulaillers et de la comptabilité. Le couple réfléchit également à l’achat d’un automoteur nettoyeur-pailleur de logettes. « Nettoyer les logettes est un travail pénible, dit Édith. Je pourrai le faire avec ce matériel. Nous nous efforçons de nous organiser pour réaliser chaque tâche seul. »

« Nous avons baissé le coût de concentrés des vaches de 20 €/1 000 l en trois ans »

Le prix d’équilibre de leur exploitation à 290 €/1 000 l en 2017 (pour une rémunération théorique de 1,5 Smic + MSA, lire l’infographie) leur permet d’envisager sereinement ces projets(1). Cela n’a pas été toujours le cas. La crise laitière est un mauvais souvenir, mais pas seulement à cause du faible prix du lait (306 €/1 000 l en 2016). « Nos dépenses en concentrés étaient beaucoup trop élevées par rapport à notre niveau d’étable. C’est triste à dire, mais la crise nous a obligés à nous remettre en question », confie l’éleveuse.

Le coût de concentrés des vaches s’élève, en 2015, à 92 €/1 000 l pour 8 768 litres vendus par vache. « Les 45 primipares achetées cette année-là en vue de produire les 300 000 litres de plus ont sans doute pénalisé la performance du troupeau. Malgré tout, il ne répondait pas suffisamment aux 4,5 kg de concentrés de la ration de base et au complément au Dac. Avec 12 à 13 kg de maïs ensilage et un peu d’ensilage d’herbe, la ration privilégiait les concentrés », analyse après coup Stéphane.

Les associés décident de mettre fin à leur collaboration avec le fabricant d’aliments qui les conseille et font appel à Cerfrance Normandie Ouest. La ration de base comprend aujourd’hui 3 à 4 kg de MS de maïs ensilage de plus et 1 kg de MS d’ensilage de trèfle violet. La quantité de concentrés y est divisée par deux (2 kg de tourteau de soja). Pas de concentrés de production au Dac, mais des matières premières : tourteaux de soja et de colza tanné. Les pics de lactation sont moins soutenus. « Notre salle de traite est informatisée. Le logiciel pilote, entre autres, le Dac. Il applique le plan d’alimentation à partir de la production journalière des vaches enregistrées par les compteurs à lait. »

Les progrès ne se font pas attendre : de 263 g/litre vendu en 2015 (285 g en 2014), la quantité de concentrés passe à 195 g en 2016. Elle remonte à 247 g en 2017 « mais en raison de l’introduction du tourteau de colza », indique l’éleveur. À cette nouvelle conduite alimentaire s’ajoute un changement dans la politique d’approvisionnement : des achats par contrat pour bénéficier de prix plus compétitifs (288 €/t en 2017). Au final, avec un coût de concentrés des vaches de 71 €/1 000 l, les associées économisent près de 21 000 €.

« Cette réduction n’est pas au détriment de la production par vache. Bien au contraire, souligne Benoît Mouchard, de Cerfrance Normandie Ouest, qui accompagne le Gaec depuis trois ans. Entre 2016 et 2017, elle s’est accrue de 500 litres et a dépassé les 9 200 litres. » Selon les premières estimations comptables, le niveau d’étable a encore progressé de près de 150 litres en 2018 pour passer à 9 400 litres.

Entrée dans un cycle vertueux

« Ces efforts font boule de neige, observe Benoît Mouchard. La meilleure conduite de la lactation a un effet bénéfique sur la reproduction. L’intervalle vêlage-vêlage est descendu à 385 jours. De même, il y a moins de problèmes de pattes. » Cela se traduit par un recul des frais d’élevage : 34 €/1 000 l en 2015, 19 € en 2017. L’arrêt du contrôle laitier en 2016 a participé aussi à cette réduction. Les éleveurs font eux-mêmes ce travail. Sans oublier les efforts sur le coût d’élevage des génisses (- 182 € par génisse en un an).

Le Gaec du Bois Joli atteint ses deux objectifs : agrandir le troupeau pour produire un million de litres et améliorer la marge brute via les charges opérationnelles et l’intensification animale. Il a livré 150 000 litres de plus en trois ans en dépensant 26 600 € de charges opérationnelles en moins.

(1) L’exercice comptable 2018 n’est pas encore disponible.

    À Milly (Manche)

    Gaec à 3 associés et l’aide du père

    Départ d’une associée fin 2019

    1,08 Ml produits par 115 vaches à 9 400 l

    40 taurillons vendus par an

    90 ha de SAU dont 65 ha de SFP (49 de maïs, 10 de trèfle violet pur, 6 de prairies) et 25 ha de blé

    800 m² de poulaillers sous Label rouge

Informatisée. La salle de traite est reliée à un logiciel de conduite du troupeau. Entre autres fonctions, il fait le lien entre la production journalière des vaches enregistrées par les compteurs à lait et le plan de leur alimentation aux Dac. Un outil qu’Édith et Stéphane estiment précieux pour, à terme, gérer l’exploitation tous les deux. © C.Hue
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