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Dossier. « Nous avons retrouvé le plaisir de traire les vaches »

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Symptômes. Montées cellulaires et animaux nerveux à la traite : ce sont les deux réactions des vaches de Joël Delonglée (à gauche) aux courants parasites qui traversaient les stalles des 2 x 8 postes en traite arrière. Une situation que son salarié, Alexandre Bellier, et lui ont mal vécue. © c.h.

C’est dans la salle de traite que les vaches sont les plus exposées aux courants vagabonds. Joël Delonglée et son salarié en ont fait l’amère expérience durant un an et demi.

Joël Delonglée est un battant. Heureusement. La perte de confiance en ses capacités d’éleveur peut vite survenir lorsque tout va de travers sans que l’on comprenne pourquoi. « Même si je n’en étais pas arrivé là, moralement, c’est fatigant », confie-t-il. Il a retrouvé le sourire il y a dix mois. Auparavant, durant un an et demi, il a dû gérer des vaches à fortes monté...
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Joël Delonglée est un battant. Heureusement. La perte de confiance en ses capacités d’éleveur peut vite survenir lorsque tout va de travers sans que l’on comprenne pourquoi. « Même si je n’en étais pas arrivé là, moralement, c’est fatigant », confie-t-il. Il a retrouvé le sourire il y a dix mois. Auparavant, durant un an et demi, il a dû gérer des vaches à fortes montées cellulaires – jusqu’à un million de leucocytes – mais sans mammite. « Cela traduisait un état inflammatoire, mais qui pouvait s’exprimer de façon déconcertante. Celles pour qui je m’attendais à une explosion cellulaire restaient stables, et inversement. Je me suis vraiment inquiété lorsque des primipares ont présenté des comptages élevés dès le premier contrôle. » L’autre alerte est la difficulté des vaches et des génisses à rentrer dans la salle de traite. « Et pendant la traite, elles bousaient. »

Cette situation est caractéristique des courants parasites en salle de traite. « Les maîtriser en salle de traite est particulièrement important. Elle est le lieu où les animaux sont le plus en contact avec des masses métalliques », analyse Stéphane Demée, géobiologue basé en Ille-et-Vilaine, qui a accompagné l’éleveur. « Lorsque je suis appelé, c’est toujours par là que je commence mon diagnostic. »

« Une dégradation insidieuse »

« Ces montées cellulaires et ces comportements sont apparus petit à petit, de façon insidieuse, reprend Joël. On s’habitue. C’est un cercle vicieux. Les vaches étaient nerveuses. Mon salarié et moi le sommes devenus à notre tour. Nous nous demandions si nous n’étions pas à l’origine de leur nervosité. »

L’éleveur entreprend une série de vérifications, étalée sur une année. Un électricien contrôle sa prise de terre. « Sa valeur de 7 ohms de résistance électrique était conforme. » La machine à traire est contrôlée plusieurs fois. Une analyse bactériologique du lait est réalisée. L’hygiène de traite, déjà poussée – pré et post-trempage des trayons, désinfection des griffes – est renforcée. Avec son conseiller en alimentation, Joël équilibre mieux la ration laitière en azote et y ajoute de la paille broyée. « Cela n’a rien donné. Il y avait une légère amélioration juste après le changement apporté, puis le troupeau revenait à la situation initiale. Le remplacement du tank à lait pour un plus grand en septembre 2017 a été la goutte qui a fait déborder le vase. La traite devenait insupportable. Les vaches bousaient énormément. C’est là que j’ai décidé de contacter Stéphane Demée. »

Le géobiologue mesure une valeur de résistance électrique de la salle de traite inférieure à celle de la prise de terre. Il identifie plusieurs fuites électriques qui rejoignaient ses tubulaires : de la machine à laver toute neuve, de l’armoire électrique de la salle de traite et du tank à lait. Joël remédie à celles qui sont de son ressort et la laiterie répare le ventilateur du tank à lait déficient.

« Nous avons tâtonné avant de trouver une solution durable »

« Même s’il était de plus faible intensité, le problème perdurait », se souvient-il. Seulement, il n’était pas possible d’en identifier l’origine car l’installation électrique, faite il y a vingt ans, n’intègre pas une barrette de cuivre sur laquelle arrivent les lignes équipotentielles des blocs métalliques et du boîtier électrique. Le raccord se fait sous un chemin avant de rejoindre la prise de terre..

Une fois les fuites électriques supprimées, Stéphane Demée teste la mise en équipotentialité des stalles de la salle de traite et de l’armoire électrique : il les relie par un câble de cuivre normalisé de couleur vert et jaune. C’est une mesure classique… qui a viré au cauchemar. « Les vaches ont bousé comme jamais elles ne l’avaient fait », se souvient Joël. Le câble est immédiatement retiré et une autre stratégie est adoptée. Une électrode de terre à l’extérieur du bâtiment est installée. Les tubulures de traite y sont reliées par un « vert-jaune ». Parallèlement, l’armoire électrique reste reliée à la prise de terre de l’exploitation. « Elle et la nouvelle électrode sont interconnectées. Ce dispositif permet aux courants parasites qui ne sont pas encore maîtrisés de prendre un autre chemin, sans créer une deuxième prise de terre. Dans le cas contraire, l’installation électrique ne serait pas aux normes », explique Stéphane Demée.

Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre. Les taux cellulaires sont chaque mois sous les 250 000 cellules/ml. « Les conséquences financières sont limitées, mais le problème peut revenir à tout moment. Il suffit d’un câble avec un défaut d’isolement, par exemple. »

Sur deux campagnes, Joël Delonglée a écarté des livraisons dix mille litres. « Ils ont été donnés aux veaux. Ce n’est pas l’idéal mais je n’aime pas jeter le lait. » Seulement quatre livraisons mensuelles n’ont pas été classées en super A.

Parallèlement, le géobiologue a neutralisé deux failles d’eau souterraines. L’une perturbait l’entrée des vaches dans le parc d’attente. L’autre, sous les génisses, les rendait nerveuses. Ces dernières sont aujourd’hui calmes et familières.

Cosses. Les connexions électriques dans le boîtier étaient desserrées et produisaient des fuites de courant. Joël Delonglée les resserre désormais tous les six mois. © C.H.
Failles d’eau. Joël Delonglée a détecté deux failles d’eau souterraines, et c’est le géobiologue qui les a neutralisées (point d’acupuncture en médaillon ci-dessus). Depuis, celle sous le parc d’attente ne perturbe plus l’entrée des vaches. © C.H.
Salle de traite. Toutes les tubulures sont en liaison équipotentielle. Les courants parasites ont cessé quand la ligne équipotentielle de l’ensemble a rejoint une électrode de cuivre spécialement installée. L’électrode est connectée à la prise de terre. L’installation est conforme. © C.H.
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