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Dossier. « On maximise l’herbe pâturée avec 130 vaches »

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Conduite. Benjamin et Romain Tréguer s’appuient sur le potentiel élevé de leur exploitation pour la production d’herbe. La taille du troupeau ne constitue pas un frein au pâturage. Elle impose simplement quelques ajustements pour limiter le piétinement. © P.L.C.

En misant sur l’herbe pâturée et l’affouragement en vert, le Gaec Tréguer apporte une ration diversifiée permettant un haut niveau de production, avec un coût alimentaire limité à 82 €/1 000 litres. L’impact est positif aussi sur la longévité.

Quand ils se sont installés, en 2012 à la suite de leurs parents, Romain et Benjamin Tréguer ont plus que doublé la taille du troupeau. Mais la pratique du pâturage est restée. Une évidence pour eux dans l’optique de maîtriser le coût alimentaire. « Ici, à Milizac, dans le Finistère, nous avons une pluviométrie de 1 100 à 1 200 mm/an avec des températures douces. Les sols...
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Quand ils se sont installés, en 2012 à la suite de leurs parents, Romain et Benjamin Tréguer ont plus que doublé la taille du troupeau. Mais la pratique du pâturage est restée. Une évidence pour eux dans l’optique de maîtriser le coût alimentaire. « Ici, à Milizac, dans le Finistère, nous avons une pluviométrie de 1 100 à 1 200 mm/an avec des températures douces. Les sols sont profonds, propices à l’herbe et au maïs », assure Benjamin.

Leurs parents produisaient près de 400 000 l de lait avec 60 vaches. Les deux jeunes sont rapidement montés à 1,1 Ml produits par environ 130 laitières sur 100 ha. Ils ont repris une exploitation à 3,5 km et y hébergent les génisses. Le bâtiment des vaches a été modernisé. L’ancienne aire paillée a été transformée en logettes équipées de matelas, sur lesquels les éleveurs apportent un peu de sciure. Des racleurs ont été installés.

Ce bâtiment se trouve au centre de 30 ha, qui sont donc facilement accessibles. Certains chemins ont été aménagés. Les points d’eau existaient déjà dans les paddocks. Toutes les prairies sont à moins de 800 m de l’étable.

« Les génisses assurent le déprimage en fin d’hiver »

Les éleveurs sèment un mélange RGA-TB. « Pour favoriser l’appétence, améliorer la résistance au piétinement et retarder l’épiaison, nous avons choisi d’associer des RGA diploïdes et tétraploïdes », précise Romain. De ce fait, le démarrage est un peu retardé au printemps, mais les éleveurs s’y retrouvent avec une pousse qui se prolonge dans la saison.

Sur le site dédié aux laitières, les prairies restent en place quatre ou cinq ans. Elles sont suivies d’un colza fourrager, puis d’un maïs avant d’installer une nouvelle pâture. 10 ha de RGI et 20 ha d’avoine sont semés en dérobée après le maïs. Ces surfaces sont valorisées essentiellement par les génisses.

Les pâtures sont déprimées par les grandes génisses en fin d’hiver. Les éleveurs constituent des petits lots d’animaux pour ne pas abîmer les parcelles, souvent humides à cette période. Les vaches commencent à sortir en mars, quand la portance s’améliore.

Mais dès février, les laitières consomment de l’herbe fraîche en affouragement en vert. « On sème du ray-grass italien (10 ha) en dérobée derrière les céréales sans labour. Le sol porte suffisamment en février pour la machine. » Pendant cette phase de transition, les vaches consomment 10 kg d’ensilage de maïs, 2-3 kg d’herbe à l’auge, 4-5 kg d’herbe pâturée si possible et un correcteur à l’auge. Le RGI est fauché avant le semis de maïs et fournit de l’enrubanné de bonne qualité.

La surface accessible est divisée en 14 paddocks de 2 ha, sur lesquels les vaches reviennent tous les 21 jours au printemps. Les éleveurs travaillent au fil avant et assurent trois repas par parcelle. « Nous voulons stimuler la consommation en apportant toujours du frais. Nous cherchons aussi à réduire les effets du piétinement, plus importants avec un grand troupeau. » La ration comporte toujours au moins 5 kg d’ensilage de maïs au printemps.

En fonction de la météo, les vaches pâturent nuit et jour dès avril. Les éleveurs gèrent selon le stock d’herbe disponible, qu’ils évaluent à l’œil et confrontent à l’avis du conseiller d’élevage BCELO.

« On a des repères pour ne pas être débordés par l’herbe »

Les vaches vont d’un paddock à l’autre selon un circuit déterminé. Dès qu’elles changent de parcelle, les éleveurs vont voir la suivante. « Si la hauteur d’herbe dépasse la cheville, on sait qu’il est temps de la débrayer. » Les grandes génisses et les taries suivent les vaches et viennent ainsi raser les pâtures en consommant les refus. Le circuit est fait de manière à ce que les lots ne soient jamais dans des parcelles contiguës afin d’éviter les risques de mélange.

Quand les épis commencent à sortir, la parcelle est tondue et la coupe est consommée par les vaches taries. Cela favorise une repousse de qualité.

En juin, la croissance de l’herbe ralentit. Les parcelles qui ont été fauchées sont réintroduites dans le circuit de pâturage et les surfaces quotidiennes augmentent. Le maïs remonte à 8-9 kg en été et les vaches reçoivent de nouveau de l’affouragement en vert en complément. Pour ce faire, les éleveurs implantent 5 ha de mélange ray-grass anglais, trèfles blanc et violet. « Ce fourrage permet de maintenir la production de lait sans trop augmenter le maïs. »

La faucheuse Taarup reste au champ. Elle est attelée à la remorque distributrice, celle qui sert aussi à la distribution en hiver. Le coût de mécanisation est donc modéré. L’excédent est récolté en enrubanné, en brins courts. Ces surfaces peuvent être irriguées avec le lixiviat d’une station de traitement de lisier collective à laquelle les éleveurs adhèrent. Cela leur donne un coup de fouet. Ce fourrage a une teneur moyenne en MAT de 19 %.

Les semis de colza fourrager démarrent fin juin et se poursuivent tout l’été pour arriver à une surface de 17 ha. L’idée est d’étaler la récolte de début septembre à mi-février. Ce fourrage prend le relais de l’affouragement en vert à la fin de l’été. Lui aussi est récolté avec la Taarup et apporté frais tous les jours à raison de 2-3 kg/vache. Ainsi, le maïs ne dépasse jamais les 12 kg par jour, même en hiver. Le pâturage se poursuit jusqu’à mi-octobre. La ration se compose ensuite de 12 kg d’ensilage de maïs, 2-3 kg d’enrubanné, 2-3 kg de colza fourrager et 2,5 kg de tourteau de colza. « On monte parfois à 50 % de tourteau de soja, selon les disponibilités et les prix. »

À partir de 25 kg de lait, les vaches reçoivent un complément de tourteau de soja et maïs grain cassé au Dac. La quantité est ajustée par pallier de 5 kg de lait et ne dépasse jamais 2,5 kg de soja pour les multipares et 1,5 kg pour les primipares. La ration est distribuée une fois par jour et repoussée à trois ou quatre reprises. Ce régime vise à maximiser la production laitière tout en minimisant le coût alimentaire. « Nous cherchons à diversifier les ingrédients et à apporter des aliments frais pour favoriser l’ingestion. Nos rations sont conçues pour apporter des fibres et de l’azote. »

« Le rendement des prairies atteint 10 t de MS »

La conduite des prairies vise à maximiser le rendement qui atteint, en moyenne, 13 tonnes de matière sèche sur les 5 ha réservés à l’affouragement. « Sur l’ensemble des prairies, nous sommes à 10 tonnes de matière sèche par hectare, soit un peu moins qu’avec le maïs. Les coûts d’implantation sont identiques, mais les prairies durent quatre ou cinq ans », analysent les éleveurs. Les prairies permettent aussi de sécuriser le système.

Grâce à cette conduite, les éleveurs maintiennent le coût alimentaire à 82 €/1 000 l pour une moyenne d’étable à 9 300 kg. De plus, ils estiment que les vaches bénéficient d’un bon niveau de confort quand elles peuvent sortir. C’est mieux pour la santé des pieds, mais aussi pour la longévité des animaux. Ici, les vaches partent en moyenne après 3,4 lactations, mais 20 à 25 % sont vendues en production.

Un autre avantage concerne le travail, moins important en période de pâturage. Les vaches peuvent sortir seules.

En contrepartie, les éleveurs notent un risque de piétinement en période humide, du fait de la taille du troupeau. Cela impose un léger raccourcissement de la période de pâturage. Un inconvénient mineur par rapport à l’ensemble des avantages.

Pascale Le Cann
Du lait avec un coût alimentaire maîtrisé
Élevage Tréguer (1)Groupe BCELO (2)
Moyenne d’étable/vache9 300 kg8 486 kg
TB4040,3
TP3332,1
Âge au premier vêlage25 mois28 mois
IVV en jours383406
IA/vache22,1
Lactations à la réforme3,43,1
Concentrés/vache1,4 t1,3 t
Concentrés/kg de lait160 g148 g
Coût aliment./1 000 l82 €87 €
Dont fourrages26 €33 €
Concentrés56 €54 €
Prix du lait/1 000 l341 €336 €
Marge sur coût alimentaire/1 000 l259 €249 €
(1) En 2017-2018. (2) Troupeaux de plus de 100 vaches. Source : BCEL Ouest.
L’exploitation

    À Milizac (Finistère)

    Gaec à deux associés

    130 vaches holsteins (trois quarts) et red holsteins (un quart)

    1,1 Ml de lait produit

    100 ha dont 40 ha en maïs, 50 ha en herbe et 10 ha en céréales. 10 ha de RGI et 20 ha d’avoine en dérobée après le maïs

    Atelier d’engraissement de porcs

Santé. Le pâturage permet aux vaches de sortir. Il enrichit la ration en aliments frais. Tout cela est bénéfique pour la santé et le bien-être des animaux. © P.L.C.
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