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Dossier. « Produire 965 000 litres pour un prix de revient compétitif »

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Mathieu Poixblanc et ses parents ont autoconstruit une bonne partie de l’extension de la stabulation existante. De 70 logettes paillées, elle est passée à 130 places. © C. Hue

En zone de polyculture-élevage, Mathieu Poixblanc et ses parents, Christine et Pierre, croient au lait. Après avoir agrandi la stabulation et installé deux robots, ils augmentent le troupeau. Objectif : diluer les charges par le volume.

Exercer un autre métier que producteur de lait, pour Mathieu Poixblanc, il n’en était pas question. Il s’est installé en 2011, en Gaec, avec ses parents Christine et Pierre. « C’était une exploitation prévue pour 2 UTH. Elle comptait 165 ha, dont la moitié en cultures de vente et 350 000 litres. J’ai bénéficié d’une rallonge de quotas JA de 100 000 litres. Ce n&rsquo...
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Exercer un autre métier que producteur de lait, pour Mathieu Poixblanc, il n’en était pas question. Il s’est installé en 2011, en Gaec, avec ses parents Christine et Pierre. « C’était une exploitation prévue pour 2 UTH. Elle comptait 165 ha, dont la moitié en cultures de vente et 350 000 litres. J’ai bénéficié d’une rallonge de quotas JA de 100 000 litres. Ce n’était pas suffisant pour faire vivre trois personnes. Nous avons décidé de développer la production laitière. »

En huit ans, le Gaec du Val Danet a plus que doublé sa référence. Elle s’élève aujourd’hui à 965 000 litres : 835 000 l en volume A et 130 000 l en B (15,5 %). L’attribution de quotas au fil du temps, un projet de 150 000 l déposé en 2015 auprès de la CLHN, puis un autre de 150 000 l en 2017, après la fusion de la coopérative avec Sodiaal, ont permis ce développement. « Si nous avions été livreurs d’un transformateur privé, cela n’aurait pas été possible », estime Mathieu Poixblanc.

Doublement de la stabulation pour seulement 90 000 €

La stabulation laitière comptait 70 logettes paillées. En 2015, les trois associés décident de l’agrandir de soixante autres. La fumière couverte existante de 550 m² est suffisante. Elle répond aux normes de stockage pour les vaches supplémentaires. Le coût de l’investissement de 130 000 € est contenu par un double choix : autoconstruire et privilégier le site existant plutôt qu’une stabulation neuve sur un autre site. Le Gaec en finance 70 %. Les 30 % restants le sont par une aide de 40 000 € du programme d’investissement PCAE. En deux ans, le troupeau monte à 88 laitières, accroît son niveau d’étable de 1 000 l/vache et produit 200 000 l en plus. L’incidence sur le prix de revient, qui donne une vision à moyen terme de l’atelier, avec notamment une rémunération théorique de 1,5 Smic par associé, est positive. Il descend à 359 €/1 000 l pour 734 500 l livrés en 2016-2017. Le prix d’équilibre (approche trésorerie), lui, est 12 €/1 000 l en dessous. Deux niveaux qui répondent à une conjoncture de marchés stables.

Deux robots en 2017 pour 250 000 € avant subventions

Mathieu, Christine et Pierre auraient pu s’arrêter à cette extension et continuer de traire dans la 2 x 8 postes avec une production autour de 750 000 l. « Dès le départ, notre projet incluait l’achat de deux robots. Cela nous tenait à cœur. Traire seul 80 à 90 vaches dans notre salle de traite en épi, avec 10 m de quai, est éreintant. C’est trois heures de traite. » Ce n’est pas la seule raison. « Mes parents partent bientôt à la retraite. Il faut préparer leur départ, mais aussi leur permettre de finir leur carrière avec un travail physiquement moins pénible. » Dans cette ferme de polyculture-élevage, les deux robots enlèvent également aussi la contrainte horaire de la traite qui complique la conduite des grandes cultures. Mais la crise laitière suspend leur acquisition. Car si le prix de revient baisse, il n’est pas suffisant pour résister au prix du lait qui plonge à 301 € en 2015-2016 et à 314 €/1 000 l en 2016-2017. « Au lieu de 87 €/1 000 l de rémunération de travail théorique (1,5 Smic/UTH), celle permise par l’atelier lait s’élève à 42 €/1 000 l en 2016-2017, soit 10 300 € par associé, MSA comprise », pointe Didier Roinson, leur conseiller de gestion à Cerfrance Seine-Normandie.

« Un plan de bataille pour atteindre 965 000 litres en 2021 »

« Les grandes cultures nous ont été fort utiles en 2015 et 2016 pour résister à la crise. Le lait et les cultures de vente sont le socle de l’exploitation. Il n’est pas question de remettre en cause ces deux piliers », complète le producteur. Dans cette région bénie des dieux, récolter 90 quintaux par hectare de blé fait partie de la routine. Le lin textile, avec ses 3 000 à 4 000 € par hectare de marge brute, est l’un de ses grands atouts.

La reprise de la conjoncture en 2017 relance le projet des deux robots. Ils sont mis en route en septembre 2017 pour un investissement de 250 000 €, cellules de stockage des concentrés, électricité et porte de pâturage incluses. « Là aussi, nous avons perçu une aide à l’investissement PCAE de 80 000 €, complétée de 12 000 € pour l’achat d’un godet désileur à 20 000 €. Nous avons choisi de financer l’intégralité des 270 000 € par l’emprunt. La subvention nous sert d’épargne de sécurité. »

Pour les trois associés, ce nouvel investissement est durable s’il s’accompagne d’une augmentation des livraisons. Leur plan de bataille fixe la totalité des 965 000 litres de référence produite en 2020-2021. À moins, le prix de revient reste trop élevé par rapport au prix du lait payé. L’exercice comptable 2017-2018 le montre bien. L’investissement dans les deux robots réclame plus que les 45 000 litres supplémentaires produits l’an passé pour obtenir un prix de revient proche du prix du lait. Le Gaec a vendu 779 300 litres avec le même nombre de vaches et une productivité améliorée (9 117 litres à 7 % contre 8 745 l). « Le prix du lait de 335 €/1 000 l n’a pas permis la rémunération théorique de 1,5 Smic par associé, indique Didier Roinson. Celle permise par l’atelier laitier était de 6 €/1 000 l soit 5 000 € à se partager entre les trois associés. Il aurait fallu 85 €/1 000 l (voir infographie). »

Le prix d’équilibre (approche trésorerie) donne une vision plus optimiste sans être suffisante. Après le paiement des annuités, elle est de 21 €/1 000 l, soit 16 350 €.

Sécurisés par les cultures de vente, les trois associés poursuivent donc leur développement. Ils espèrent vendre 900 000 litres sur l’exercice 2018-2019 avec 95 à 100 vaches et 965 000 litres l’année suivante avec 105 à 110 têtes. Tout dépendra de la production par laitière.

« 1,3 million de litres à 2 UTH est envisageable et économiquement plus viable »

« Nous sommes trois associés sur l’exploitation, mais le travail réalisé équivaut à 2,5 UTH. À 2 UTH, poursuivre les grandes cultures et produire 1,3 million de litres pour remplir les 130 logettes me paraît tout à fait envisageable et économiquement plus viable », avance le jeune éleveur. Il s’y prépare. Son épouse devrait rejoindre le Gaec l’année prochaine, ce qui permettrait de bénéficier des 300 000 l de volume JA de Sodiaal. « Lorsque mes parents seront partis à la retraite, nous ferons un peu plus appel à l’association de remplacement. Et dans un premier temps, mon père continuera de donner un coup de main sous le statut d’aide familial. » Sans exclure, à terme, la robotisation de l’alimentation.

Forts d’un EBE prévisionnel 2018-2019 établi à 232 000 €, parents et fils anticipent dès à présent cette évolution. Les premiers profitent de la remontée du prix du lait et de la récolte 2018 favorable pour diminuer leur compte associé. Parallèlement, le Gaec travaille à optimiser sa main-d’œuvre. Au mois d’octobre, il a arrêté l’atelier de quinze à vingt taurillons vendus par an. Un diagnostic réalisé par Cerfrance Seine-Normandie montre qu’il perdait 75 € par heure travaillée (voir infographie ci-dessus).

« La rentabilité aussi par les charges opérationnelles »

« Nous libérons ainsi des places pour nos nombreuses génisses et de la surface en maïs pour nourrir 110 vaches. Nous avons seulement besoin de 6 ha en plus. Notre assolement en cultures de vente s’en trouve peu modifié. »

Pour le Gaec, la saturation de la stabulation n’est pas le seul axe d’amélioration de la rentabilité laitière. Outre l’abaissement de l’âge au premier vêlage à 24 mois pour limiter le coût des génisses, il veut réduire le coût des concentrés des vaches. L’an passé, le Gaec a eu « la main un peu lourde » pour habituer les laitières aux robots. Cette année, l’objectif est de moins de 200 g de concentrés par litre pour le même niveau laitier, voire plus.

L’exploitation

    À Saint-Pierre-de-Varengeville (Seine-Maritime)

    Gaec du Val Danet : 3 associés

    779 300 l vendus en 2017-2018, avec 88 holsteins

    900 000 l prévus en 2018-2019 avec moins de 100 vaches

    9 100 l vendus par vache, à 39,8 de TB et 32,3 de TP

    165 ha de SAU, dont 50 de blé, 7,5 d’orge, 12 de colza, 17,5 de lin textile, 37 de maïs et 41 de prairies naturelles.

    20 ha de RGI + trèfle violet ou d’Alexandrie en dérobée

    Arrêt des taurillons fin 2018

    Adhérent de Sodiaal

Génisses. L’agrandissement du troupeau se fait par renouvellement interne. Les vaches sont inséminées en semences sexées. Les génisses sont conduites pour vêler à 24 mois. L’arrêt des jeunes bovins libère de la place pour les héberger. © c.hue
Robots et pâturage. L’installation des deux robots en septembre 2017 n’a pas mis fin au pâturage. Deux prairies de 7 à 8 ha sont accessibles du bâtiment. D’autres peuvent l’être. Le Gaec ne veut pas se fermer les portes d’un lait produit à partir du pâturage. © c.hue
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