S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Dossier. « Un gain de trois points de TB et de TP comparé au tout-maïs »

réservé aux abonnés

 - -->
a choisi la betterave et le ray-grass italien en complément du maïs : © j.pezon

Sur le modèle des échanges transfrontaliers mis en place par ACE et Inagro, Jean-Michel Maerten a franchi la barre de 47 de TB et 37 de TP l’hiver dernier en diversifiant sa ration.

Avec des rendements compris entre 16 et 20 tonnes de matière sèche par hectare, Jean-Michel Maerten a longtemps misé sur une ration de base 100 % maïs. Mais depuis plus d’un an, sous l’impulsion de son conseiller d’Avenir Conseil Élevage, il a pris la voie de la diversification fourragère : dans son cas, il a choisi l’association maïs ensilage, ray-grass d’Italie et betterave fourragère.
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
1%

Vous avez parcouru 1% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Avec des rendements compris entre 16 et 20 tonnes de matière sèche par hectare, Jean-Michel Maerten a longtemps misé sur une ration de base 100 % maïs. Mais depuis plus d’un an, sous l’impulsion de son conseiller d’Avenir Conseil Élevage, il a pris la voie de la diversification fourragère : dans son cas, il a choisi l’association maïs ensilage, ray-grass d’Italie et betterave fourragère.

« Comparé au maïs plat unique, j’ai gagné trois points de TB et de TP, souligne Jean-Michel Maerten. Les taux sont plus réguliers et je suis beaucoup moins concerné par les problèmes d’acidose et d’engraissement excessif. C’est une vraie source de motivation de travailler lorsque les bêtes répondent. »

« Valoriser le premier cycle d’herbe par la fauche »

Concrètement, l’éleveur implante chaque année 4 à 6 ha de l’association ray-grass d’Italie-trèfle d’Alexandrie. La différence est qu’il vise désormais une récolte précoce, au stade deux nœuds du ray-grass. En 2017, la dérobée a été semée en septembre selon l’itinéraire suivant : un épandage derrière le blé de 50 m3 d’eau brune issue de l’aire d’attente (1,5 UN/m3), puis un labour, suivi de la préparation du lit de semences et du semis combiné avec un rouleau. « Il est important de bien rappuyer le sol afin d’obtenir une surface lisse et régulière en prévision de la fauche. »

Le 25 février, il fait un apport de 100 UN minéral et le 24 mars, il fauche avec une conditionneuse à rouleaux (42 jours avant l’implantation du maïs). L’herbe est fanée une première fois juste après la fauche, puis une seconde fois le lendemain matin, endainée le soir même ou le lendemain matin, avant d’être enrubannée par l’ETA l’après-midi, soit après quarante-huit heures de séchage au sol. « Même en première coupe, le trèfle est bien présent et presque aussi haut que le ray-grass italien. » Le rendement est estimé à 4 tonnes de MS/ha et le fourrage affiche une valeur de 18 % de MAT et 0,91 UFL. Mais l’éleveur prévient : derrière un ray-grass italien, en année sèche, il faut s’attendre à une baisse de rendement du maïs d’environ 20 %.

Douze hectares de prairies permanentes à base de RGA sont gérés sur le même principe de la fauche précoce. Dans des terres profondes, trois coupes ont été faites cette année, avec 100 UN, 50 UN et 30 UN épandues respectivement après chacune d’elles. Alors qu’il débrayait jusqu’ici 6 ha pour le pâturage, les fortes chaleurs l’ont incité cette année à laisser les vaches en bâtiment. « Cela a permis de stabiliser la production et a entraîné un gain de 1,5 point de TP, observe Jean-Michel. Valoriser ainsi le premier cycle de pousse de l’herbe par la fauche est un moyen de limiter le piétinement et de faciliter la gestion des refus. »

« La betterave est un investissement qui paye »

Le stock fourrager est complété par 2 ha de betterave fourragère, pour un rendement de 120 t/ha (18 à 20 % de MS). Une entreprise assure le semis et le ramassage, l’éleveur prend en charge le désherbage en trois passages. Si les tubercules sont très sales, il recommande de les laisser dix jours en bâtiment afin que la terre sèche et se détache facilement. Ici, la betterave est stockée dehors, recouverte d’une bâche, et distribuée entière de la fin octobre jusqu’au mois de mai. Pendant la période estivale, l’achat de pulpe surpressée permet de faire tampon et de maintenir la diversification de la ration. « La betterave est un investissement payant, l’impact au niveau des taux est rapide. » (voir infographie). En effet, la pulpe est avant tout lactogène (précurseur d’acide propionique), la betterave riche en sucre est plus favorable au TB (précurseur d’acide butyrique).

Du fait de la présence d’herbe dans la ration, le maïs est désormais coupé fin (11 mm) et l’éleveur s’oriente vers des variétés plus précoces : indice 210-220 au lieu de 240-260. Cela a pour but de renforcer l’ingestion, et facilite dans le même temps un meilleur éclatement des grains à la récolte. À partir de ces fourrages, le troupeau est conduit en deux lots :

débuts de lactation (jusqu’à 120 jours) : une ration complète équilibrée à 34 kg de lait, soit 35 kg de maïs (34 % de MS et 34 % d’amidon), 8 kg d’enrubannage, 20 kg de betterave, 4,5 kg de tourteaux (60 % soja-40 % colza) et 50 g d’urée ;

fins de lactation : une ration équilibrée à 26 kg de lait, avec 3 kg de tourteaux.

« Le taux d’urée du lait fourni par la laiterie est un bon repère pour adapter le correcteur, explique Jean-Michel. Dès qu’il dépasse 300 g/l, je réduis les apports. Le calcul du rapport TB/TP est aussi un bon moyen de savoir si la ration fonctionne bien. » Ainsi, le taux d’urée au cours de l’exercice écoulé reste compris entre 211 et 265 g/l, pour une consommation de 147 g de correcteur, sans concentré de production.

Dans les deux cas, la ration est distribuée en deux repas par jour au godet, sauf l’enrubannage distribué en début d’après-midi. C’est là une piste de progrès pour renforcer l’efficacité alimentaire, tout comme le hachage de l’herbe enrubannée distribuée en brins longs. Jean-Michel envisage l’achat d’une mélangeuse d’occasion pour gagner en régularité et caler son troupeau à 30 litres/jour, à 45 de TB et 35 de TP.

    EARL du chemin des Princes

    À Hondeghem (Nord)

    1 UTH : Jean-Michel Maerten

    51 holsteins à 9 360 litres, pour 470 000 l livrés

    65 ha de SAU, dont 26 ha de blé, 20 ha de maïs, 4 ha de pois de conserve, 2 ha de betterave fourragère et 12 ha de prairies permanentes

©
chiffres 2017-2018

    Coût alimentaire par vache : 116 €/1 000 l

    Coût de concentré : 51 €/1 000 l

    Prix lait : 364 €/1 000 l

    Marge brute : 255 €/1 000 l, ou 3 437 €/ha SFP

    Lait/ha : 13 454 litres

3 questions à…
« L’urée seule ne veut rien dire, il faut l’apprécier au regard du TP »« Pour maximiser les taux, le rapport TB/TP doit se situer entre 1,22 et 1,25 » 3 questions à… Thomas Banquart, conseiller Avenir Conseil Élevage

En quoi le rapport TB/TP est-il pertinent pour apprécier la qualité de la ration ?

Thomas Banquart : La régularité de ce rapport est un indicateur de la stabilité ruminale, favorable à la valorisation de la ration et à la bonne santé des animaux. À l’échelle du troupeau, c’est un révélateur de la qualité des fourrages et des pratiques d’élevage : sur le papier, une ration peut être bien calée, mais dans les faits le respect des quantités distribuées, la qualité du mélange, l’appétence à l’auge, le confort, auront un impact sur l’expression et la stabilité des taux. Ce rapport est surtout pertinent à calculer pour les vaches en début de lactation (- 100 jours) pour détecter une situation de déficit énergétique. L’avantage est de pouvoir calculer le rapport tous les trois jours à partir des résultats de laiterie.

Quel est l’objectif visé ?

T.B. : L’interprétation du rapport TB/TP s’apprécie au centième près : pour maximiser les taux, on considère qu’il faut se situer dans une fourchette comprise entre 1,22 et 1,25. En dessous de 1,20, il faut suspecter une situation de subacidose ; au-dessus de 1,25, de déficit énergétique. Dans tous les cas, entre 1,35 et 1,40, c’est bien le signe que la ration n’est pas assez énergétique ou que la vache n’ingère pas assez. Il faut alors se poser la question de la qualité de la phase de préparation au vêlage. Pour rappel, le développement des papilles pendant la phase de préparation des taries dépend de la densité énergétique de la ration : avec un objectif de 10 000 kg de lait par vache laitière, il faut viser un apport de 10 UF et 1 000 g de PDI. Cela ne s’obtient pas avec une forte consommation de paille, mais avec un maïs de qualité à volonté et pas moins de 2,5 kg de colza, mais aussi par le ­confort du logement des vaches taries.

Jean-Michel Maerten s’attache à maintenir le taux d’urée du lait en dessous de 300 g/litre. Quelle est la règle en la matière ?

T.B. : L’urée seule ne veut rien dire, il faut la mettre en adéquation avec l’énergie et le TP : un TP faible et un niveau d’urée élevé sont le signe d’un manque d’énergie dans la ration pour pouvoir valoriser l’azote disponible. Un TP élevé, avec un niveau d’urée bas (entre 200 et 250 g/litre) est le signe d’une ration qui fonctionne bien.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

En réassort

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER