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Dossier. « Une économie de 30 000 € par an grâce à la qualité des fourrages »

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Grâce à la diversification de la ration de base, Delphine et Marc Woestelandt pilotent un troupeau en traite robotisée à plus de 10 000 kg de lait, sans concentré de production, avec un coût alimentaire inférieur à 100 €.

En 2015, le départ d’un associé et l’obligation de racheter ses parts du Gaec, deux ans après l’achat de deux robots de traite, ont été un vrai coup dur pour Delphine et Marc Woestelandt. Ils décident alors d’adhérer au groupe d’échange animé par Avenir Conseil Élevage (ACE) autour de l’objectif suivant : 10 000 kg de lait, moins de 100 € de coût alimentaire...
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En 2015, le départ d’un associé et l’obligation de racheter ses parts du Gaec, deux ans après l’achat de deux robots de traite, ont été un vrai coup dur pour Delphine et Marc Woestelandt. Ils décident alors d’adhérer au groupe d’échange animé par Avenir Conseil Élevage (ACE) autour de l’objectif suivant : 10 000 kg de lait, moins de 100 € de coût alimentaire, sans concentré de production. « Nous nous sommes fixé un challenge avec notre conseiller : optimiser le fonctionnement du robot de traite à un coût réduit », explique Delphine.

Dans ce secteur des Flandres françaises à forte pression foncière, l’intensification est en effet un enjeu économique et chaque hectare libéré permet de semer des cultures industrielles, dont la pomme de terre qui tutoie régulièrement les 4 000 € de marge brute à l’hectare.

L’association ray-grass d’Italie, pulpe et betterave

Sur les recommandations de Benoît Verrièle, nutritionniste ACE, le couple ne va pas hésiter à remettre en cause un système fondé sur le maïs, 2 à 3 kg d’ensilage d’herbe, un peu de luzerne en brins et une consommation de 210 g de concentré par litre de lait produit. Structurellement, le troupeau est conduit en zéro pâturage et en vêlages étalés (douze à quinze vêlages par mois). Il dispose de 113 logettes équipées de matelas, avec tapis dans les couloirs, pour en moyenne 127 vaches traites par deux robots Delaval. Sur cette base, les nouvelles pratiques de rationnement mises en œuvre depuis un peu plus de deux ans découlent directement de l’approche transfrontalière vulgarisée par ACE : réduction de la part de maïs au profit de l’ensilage d’herbe préfanée et introduction d’un coproduit énergétique, ici, la pulpe de betterave surpressée et la betterave fourragère (voir ration p. 38). L’association pulpe et betterave combine une matière première riche en sucre, favorable au TB, et un coproduit humide composé de fibres très digestibles aux propriétés lactogènes. En raison de problèmes de conservation, la betterave est remplacée en été (de juin à mi-août) par la pomme de terre.

Un ensilage d’herbe préfanée à 45 % de matière sèche

Le stock d’herbe ensilée repose sur le semis de 25 ha de ray-grass d’Italie (RGI) après la moisson (avant le 1er août) : 20 ha en culture dérobée avant un maïs et 5 ha implantés pour un an.

Après une, voire deux coupes d’automne, les 25 ha sont fauchés au printemps au stade deux nœuds. Cette année, la fauche réalisée le 20 avril, avec un rendement de 4 t de matière sèche par hectare, a permis de récolter un fourrage sans conservateur à 45 % de MS, 0,93 UFL, 17 % de MAT et 21,9 % de cellulose brute. Deux fanages sont nécessaires à l’obtention d’une teneur élevée en matière sèche, sans dépasser trois jours de séchage au sol, afin de ne pas pénaliser la teneur en sucre de l’herbe. Ensuite, les cinq hectares de prairie temporaire sont fauchés jusqu’à quatre fois, soit un rendement total évalué entre 12 et 14 t de MS/ha. Sur ces 5 ha, les éleveurs ont décidé de se lancer cette année dans la culture du RGA.

« Nous cultivons le RGI de façon intensive »

La fertilisation participe bien sûr au rendement et à la qualité du fourrage. Avant le semis d’été, les éleveurs épandent 30 m3 de lisier par hectare, puis 70 UN d’azote minéral début mars, 60 UN après la première coupe et encore 30 m3 de lisier après la troisième coupe. Les deux coupes d’automne et les deux premières coupes du printemps sont stockées dans deux silos séparés et réservés à la ration des laitières : un tiers d’herbe d’automne, deux tiers d’herbe de printemps. Cette équation vise à équilibrer une herbe d’automne plus humide, déficitaire en cellulose, car parfois récoltée avant le stade deux nœuds.

Les petites coupes d’été s’apparentent à de l’entretien (1 tonne de matière sèche par hectare). Elles sont enrubannées et destinées à la ration hivernale des génisses. « Nous cultivons le ray-grass d’Italie de manière intensive, explique Marc. Cela représente beaucoup de travail, à des périodes où il faut s’occuper des cultures. Dans un premier temps, nous nous sommes même posé la question d’arrêter cette pratique. Mais indirectement, le temps passé est récupéré plus tard avec des animaux en meilleure santé tout au long de l’année : acidose, retournements de caillette et cétose sont des problèmes auxquels nous ne sommes plus confrontés. »

« La betterave a un effet immédiat sur les taux »

Les 2,5 ha de betterave fourragère semés à partir de 2017 réclament moins de travail. « La conduite est identique à la betterave sucrière. Il suffit de faire un peu plus de surface. Avec 1,5 kg de matière sèche dans la ration, l’effet sur les taux est immédiat. » Les tubercules sont stockés sur l’herbe à l’extérieur. Avant d’être distribués, ils sont mis un mois sous un bâtiment pour que la terre sèche et se détache facilement. La distribution se fait alors dans la mélangeuse où ils sont coupés en quatre ou cinq morceaux.

Les éleveurs ont aussi modifié leur approche du maïs. Un maïs récolté plus sec et coupé entre 8 et 10 mm. « Nous avons pour objectif une récolte à 37 % de MS. C’est un moyen d’aller chercher à la fois l’énergie et le rendement. Pour cela, il faut semer tôt, avant le 1er mai. C’est une priorité qui passe même avant les pommes de terre. »

Concrètement, après la récolte du RGI, l’éleveur effectue un apport de lisier et sème le plus vite possible dans un lit de semences le plus fin possible.

« Une fréquence de 2,4 traites avec un gros repas le soir »

Le maïs ensilage intègre la ration à hauteur de 11 kg de MS/VL/jour. Une ration semi-complète distribuée deux fois par jour et repoussée au moins quatre fois. « Nous privilégions désormais la distribution d’un gros repas le soir (60 %), ce qui a pour effet une meilleure fréquentation de la traite pendant la nuit dans un contexte de robots saturés (63 vaches par stalle), souligne Delphine. L’arrêt du concentré de production représentait une forte inquiétude à ce niveau. Mais nous avons fait confiance et les résultats montrent que c’est possible, sans avoir à pousser des retardataires tous les jours. Grâce au repas du soir, la circulation des animaux plus fluide pendant la nuit atténue le manque de logettes et de places à l’auge (125 laitières pour 113 places). Nous avons eu la surprise de constater qu’il n’y avait plus de vaches couchées dans les couloirs. Nous gardons cependant le projet d’investir dans l’installation de vingt places supplémentaires. »

Le pari de faire l’impasse sur le concentré est donc réussi, avec un niveau de production au cours du dernier exercice de 10 430 kg de lait à 42,2 de TB et 34 de TP. Une performance obtenue avec un effet génétique plutôt neutre sur ces critères : le bilan génétique indique que l’effet troupeau sur la production laitière est seulement de + 47 litres, de - 0,6 point sur le TP et de + 0,4 point de TB.

« À travers les accouplements, nous avons beaucoup travaillé la qualité des mamelles et la recherche de petites vaches avec de bons fonctionnels. Nous intégrons désormais à notre réflexion des taureaux plus améliorateurs en taux », précise Delphine.

Moins de 100 g de concentré au robot,sans baisse de lait

La préparation au vêlage est là pour assurer un fonctionnement optimal du rumen en vue de couvrir les besoins énergétiques du début de lactation. Ici, les multipares et les primipares reçoivent, trois semaines avant la mise bas, la même ration que les laitières et un bolus spécifique vaches taries, ce qui justifie aussi de faire l’impasse sur le propylène en début de lactation.

Désormais, le seul « bonbon » qui motive les vaches à passer au robot est le tourteau de soja (2 kg) et un apport de tourteau tanné au-delà de 35 kg de lait. « L’apport de correcteur azoté est piloté avec un taux d’urée dans le lait compris entre 200 et 250 g/litre, au lieu de 300 g précédemment. C’est aussi ça que nous apprend ACE grâce aux échanges transfrontaliers avec les Belges. »

Ainsi, en deux ans, la consommation de concentrés est passée de 210 g/litre de lait à 98 g, sans pénaliser la production. Dans le même temps, le coût alimentaire a diminué, passant de 122 €, à 98 €/1 000 litres.

« En deux ans, la consommation de concentré est passée de 1,9 t par vache et par an à 1,2 t, c’est-à-dire une baisse des achats de 90 t par an, soit une économie de près de 30 000 € par an, insiste Delphine. Cela représente beaucoup de travail, mais les objectifs sont atteints et confirment la pertinence de nos choixL’amélioration de la santé et de la reproduction est difficile à mesurer car nous avons aussi augmenté la taille du troupeau et, pour ce faire, garder toutes les femelles. »

Pour aller plus loin dans l’amélioration des résultats, le couple s’attache à réduire un IVV de 410 jours et un âge au vêlage de 27,8 mois.

Plus de 15 000 litres de lait par hectare
Gaec de la Longue CroixMoyenne de groupe local
Lait/vache10 430 litres8 760 litres
TB42,440,2
TP3433,3
Concentré/litre à 7 % (TB 38, TP 32)121 g164 g
Coût alimentaire/1 000 litres98 €115 €
Coût de concentré/1 000 litres43 €53 €
Lait/ha15 364 litres12 570 litres
Marge brute/1 000 litres235 €231 €
Marge brute/ha3 616 €2 910 €
Prix laiterie (1)335 €344 €
La marge brute tient compte du coût de récolte par entreprise. En revanche, le coût du fanage et de l’andainage réalisé par les éleveurs n’est pas pris en compte. Il est intégré aux charges de structure. (1) Prix de base du Gaec : 315 €. Source : Avenir Conseil Élevage campagne 2017-2018
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