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Dossier. Loger plus de vaches sans se ruiner

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La chute du prix du lait met en difficulté des récents investisseurs. D’autres se sont agrandis sans dégrader leur situation financière. Tour d’horizon des questions à se poser et des astuces à connaître pour ne pas déraper.

Les projets d’agrandissement de troupeaux impliquent très souvent la construction ou l’extension d’un bâtiment. Avec le risque de fragiliser l’exploitation si l’investissement pèse trop lourd. « I l existe d’importantes variations dans le prix des bâtiments. Elles s’expliquent souvent par le choix des options », commente Sébastien Guiocheau, spécialiste des bâtiments laitiers à...
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Les projets d’agrandissement de troupeaux impliquent très souvent la construction ou l’extension d’un bâtiment. Avec le risque de fragiliser l’exploitation si l’investissement pèse trop lourd. « I l existe d’importantes variations dans le prix des bâtiments. Elles s’expliquent souvent par le choix des options », commente Sébastien Guiocheau, spécialiste des bâtiments laitiers à la chambre d’agriculture de Bretagne. Le type de bâtiment a aussi un impact sur les charges en matière d’investissement comme de fonctionnement. Les chambres de Bretagne ont mis en place un référentiel des coûts d’investissement et de fonctionnement qui peut se révéler bien utile au moment de la réflexion (voir encadré page suivante). Dans le temps, on constate un accroissement des écarts pour un même poste. Et l’inflation est de 2 à 3 % pour les bâtiments et leurs équipements.

Améliorer le volume de lait par UTH et l’EBE pour 1 000 l

La hausse des prix est particulièrement marquée pour la traite, même si le tarif des robots reste assez stable. L’observation de ces chiffres montre aussi que les économies d’échelle existent pour certains postes. Par exemple, le coût du dallage au mètre carré baisse quand la surface augmente. Même chose pour le stockage des effluents. Pour ne pas tomber dans le piège du surinvestissement, Sébastien Guiocheau ­conseille d’abord d’estimer l’évolution de deux critères en amont du projet : le volume de lait/UTH et l’EBE/1 000 litres. Ces indicateurs conditionnent le revenu. La mise en œuvre du projet de bâtiment doit les améliorer. Si elle les dégrade, il faut revoir le projet.

Par ailleurs, la réflexion doit s’appuyer sur deux questions fondamentales.

lQuelle sera la main-d’œuvre disponible ?

Il ne faut pas oublier que l’accroissement de la taille du troupeau (veaux, génisses, vaches) induit mécaniquement une hausse de la charge de travail. Il faut en être conscient et l’anticiper. Car plusieurs solutions existent : main-d’œuvre supplémentaire, délégation de tâches pour augmenter la disponibilité pour les animaux, automatisation. Cette dernière option peut se révéler coûteuse. L’enjeu est de maintenir les performances techniques, et donc économiques, après l’agrandissement.

lQuel sera le temps de présence des animaux dans le bâtiment ?

Opter pour le zéro pâturage implique nécessairement des équipements supplémentaires, et donc des surcoûts, pour garantir le confort des animaux (matelas, ventilation…). Cet impératif vient souvent gommer les économies d’échelle que l’on peut espérer sur d’autres postes.

Les bâtiments les plus simples, moins chers, séduisent peu d’éleveurs

Il est utile aussi de se poser des questions annexes. Par rapport à ses préférences personnelles, par exemple. Certains ne jurent que par l’aire paillée quand d’autres rêvent de robots. Pourquoi pas ? Mais il faut s’assurer que ces goûts restent judicieux avec un plus grand troupeau, et qu’ils n’induisent pas des coûts démesurés.

Le choix du type de bâtiment peut se faire aussi en fonction du prix. « Le moins cher est toujours le plus simple », constate Sébastien Guiocheau. Une évidence qui ne guide pas forcément les éleveurs. Car les bâtiments simplifiés, avec aire d’exercice découverte, logettes, système lisier et table d’alimentation sous un auvent, séduisent peu. D’ailleurs, leur nombre est trop faible pour qu’ils figurent dans le référentiel des chambres d’agriculture. Ils ont pourtant l’avantage de bien convenir aux vaches en leur donnant un accès extérieur. Mais ils impliquent un système de traitement des effluents qui réclame de l’entretien.

Le système de logettes avec 100 % de lisier est simple et économique, pour peu que l’on s’abstienne de créer des fosses sous caillebotis. On peut encore réduire son coût en optant pour une fosse en géomembrane et en déléguant l’épandage. Mais le coût des logettes peut aller de 70 à 250 €/place, en fonction des options.

Les logettes paillées coûtent cher en paille et demandent davantage de travail. La gestion du fumier est aussi plus coûteuse que celle du lisier. Si les vaches ne sortent pas en pâture, elles doivent disposer d’un couchage confortable. Les logettes creuses sont celles qui répondent le mieux à cet objectif, tout en restant d’un coût raisonnable. Certes, elles demandent un entretien quotidien. Mais les vaches s’y couchent plus longtemps. L’installation de matelas est plus coûteuse. Pour des troupeaux au-delà de 150 vaches, de nombreux éleveurs prévoient, en plus des logettes, une vingtaine de places sur aire paillée. Ils les réservent aux vaches ponctuellement fragilisées qui ont besoin d’une surveillance et d’un confort renforcés.

De plus, lorsque les vaches ne sortent pas, il faut s’assurer d’une bonne ventilation y compris en été. L’option la plus efficace, mais aussi la plus coûteuse, est celle des rideaux brise-vent amovibles sur les deux longueurs. Ils permettent en outre de faire entrer la lumière. Car les translucides dans la toiture ne doivent pas être trop nombreux si les vaches restent à l’intérieur en été. Ils accentuent la montée de la température et exposent les vaches à des coups de soleil.

Les bâtiments semi-ouverts favorisent la ventilation. Et la fermeture totale entraîne un surcoût de 200 €/vache pour un bâtiment de 120 places. Le choix de l’orientation du bâtiment est majeur pour permettre de l’ouvrir au maximum.

En ce qui concerne les charpentes, leur coût augmente logiquement avec la portée. Entre le prix du bois et celui du métal, l’écart dépend en partie du contexte local, mais aussi des achats opérés ponctuellement par les Chinois. L’utilisation du bois permet une meilleure maîtrise des courants parasites.

Les cornadis coûtent un peu plus cher que les barres au garrot et ne sont pas forcément indispensables. Le blocage des vaches peut être utile pour l’entretien du bâtiment. Et il faut prévoir une contention, au cornadis ou ailleurs. En zéro pâturage, les vaches ont accès à l’auge tout le temps. Il n’est pas nécessaire de prévoir une place pour chacune.

Un coût total entre 6 000 et 8 000 € par place,hors distribution

En fonction des choix, le coût de la place peut varier entre 2 300 et 3 300 € pour le logement et le stockage des déjections. La traite coûte entre 2 300 et 3 200 € par vache. On compte environ 500 € pour la nursery et 850 € pour le stockage des fourrages. Il faut ajouter 150 à 250 € pour organiser la circulation et aménager les abords. Soit un total de 6 000 à 8 000 € par vache, hors distribution. Si le budget est trop élevé, mieux vaut chercher à le réduire pour ne pas subir des charges trop lourdes. « On peut souvent différer une partie de l’investissement, constate Sébastien Guiocheau, ou mieux utiliser les anciens bâtiments. » Le coût global du bâtiment intègre bien sûr son fonctionnement. Là aussi, il existe des variations selon les systèmes (voir infographie). Il est donc utile d’évaluer ces coûts avant de faire le choix final.

« Mais le système le moins coûteux reste de faire sortir le troupeau », insiste ­Sébastien Guiocheau. Avec un temps de présence réduit, on peut faire des économies sur l’aménagement. On est gagnant sur le coût alimentaire, sur la santé des animaux, et on répond mieux à des attentes sociétales qui semblent prendre un poids de plus en plus important.

Pascale Le Cann
Sébastien Guiocheau, spécialiste des bâtiments laitiers à la chambre d’agriculture de Bretagne : «
Repère. 400 références enregistrées en Bretagne

La chambre d’agriculture de Bretagne a collecté 200 devis réalisés pour des bâtiments d’élevage laitier. 400 références ont ainsi été listées (charpente, dalle béton, etc.). Les documents sont en libre accès sur le site :

http://www.bretagne.synagri.com/synagri/les-couts-de-construction-des-batiments. Une mise à jour est prévue car la collecte de données date de 2014. Mais ces chiffres sont suffisants pour comparer les options entre elles. Les données ne tiennent pas compte de la distribution de la ration et de la traite. Les prix des systèmes de traite sont présentés à part. Un calculateur a été conçu pour puiser dans ces informations et estimer le prix d’un bâtiment. Il est possible de choisir entre différents types de bâtiments, pour 60 ou 120 vaches.

À Gévezé (Ille-et-Vilaine), Jérôme Tondeux a fait des économies en optant pour un robot d’occasion ou pour une barre au garrot. Mais il a dû fermer complètement le bâtiment à cause de son orientation sud-ouest. © © THIERRY PASQUET/SIGNATURES
Confort. Les logettes creuses sont très appréciées par les vaches qui s’y couchent souvent et longtemps. Et elles sont peu coûteuses. © jérôme Pezon
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