S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Dossier. Ajuster votre objectif à votre système

réservé aux abonnés

 -

Maîtriser son coût alimentaire implique de se fixer un objectif en phase avec sa conduite. Ensuite, il faut être réactif pour saisir toutes les opportunités d’économie.

Le coût alimentaire représente, en moyenne, les deux tiers des charges opérationnelles dans les exploitations laitières. L’éleveur a la main sur ces dépenses et les effets d’un changement sont rapides. Il s’agit donc d’un levier important pour agir sur la rentabilité de son élevage. D’ailleurs, on constate un lien entre le coût alimentaire et la conjoncture laitière. Quand celle-ci est mauvaise, les...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
1%

Vous avez parcouru 1% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Le coût alimentaire représente, en moyenne, les deux tiers des charges opérationnelles dans les exploitations laitières. L’éleveur a la main sur ces dépenses et les effets d’un changement sont rapides. Il s’agit donc d’un levier important pour agir sur la rentabilité de son élevage. D’ailleurs, on constate un lien entre le coût alimentaire et la conjoncture laitière. Quand celle-ci est mauvaise, les éleveurs s’adaptent en réduisant les apports de concentré.

« L’effet d’un kilo de concentré de production est au mieux de 0,7 litre de lait livré supplémentaire », précise Pascal Le Cœur, responsable de la station expérimentale de la chambre d’agriculture de Bretagne, à Trévarez (Finistère). L’intérêt économique de cet apport est donc lié au niveau du prix du lait du moment, comparé à celui du concentré.

Savoir de quel indicateur de coût on parle

Selon les organismes ou les régions, les indicateurs de coût alimentaire ne sont pas les mêmes. Les chambres d’agriculture bretonnes raisonnent souvent le coût alimentaire pour les vaches uniquement et ramené à 1 000 litres de lait livré. « Le bon repère est celui qui s’appuie sur les produits sortant de la ferme », justifie Pascal Le Cœur.

Cela n’empêche nullement de regarder aussi le coût alimentaire par vache pour 1 000 litres de lait produit. La différence vient du lait non livré, qui représente une charge pour l’élevage et sur lequel il faut aussi s’interroger. Mais cette réflexion sort du raisonnement purement lié à la ration.

Le coût alimentaire du troupeau prend en compte l’ensemble des animaux présents. Il ne dépend pas seulement du système d’alimentation, mais intègre aussi l’élevage des veaux, la conduite des génisses, les performances de croissance ou encore la stratégie de renouvellement.

Enfin, certains prônent un coût alimentaire par vache, et non par 1 000 litres de lait (voir ci-contre). Un critère moins intéressant selon Pascal Le Cœur, car éloigné de la finalité économique de la production laitière.

Les sources des chiffres pris en compte varient également. Certains s’appuient sur les données comptables pour calculer le coût des fourrages, rendus à l’auge. D’autres se basent sur des valeurs forfaitaires.

Dans la méthode du coût de production utilisée par Idele, on parle de coût du système d’alimentation qui reprend tous les postes de charges liés à l’achat ou à la production de l’alimentation (voir encadré). Ces différences méthodologiques ont un inconvénient majeur : difficile de prendre des repères et de comparer les élevages entre eux. Pour l’éleveur, le plus simple est sans doute de raisonner à partir des chiffres dont il dispose et de les comparer à ceux de son environnement pour identifier ses marges de progrès.

Un objectif variable selon les systèmes

Le suivi rigoureux du coût alimentaire passe par la fixation d’un objectif. On peut viser 70 €/1 000 litres pour un troupeau produisant 7 000 litres/vache, ou 80 € pour des vaches à 8 000 litres, et ainsi de suite. Selon Pascal Le Cœur, cette méthode a le mérite de donner un ordre de grandeur cohérent. Mais elle reste simpliste car elle ne prend pas en compte le système de production.

À la station expérimentale de Trévarez, les travaux en cours visent à optimiser trois systèmes différents sur le plan économique :

l  S1 : 15 ares d’herbe pâturés/VL, 5 tonnes de fourrages stockés et 8 000 l/VL.

Coût alimentaire : 80 €/1 000 l.

S2 : 40 ares pâturés/vache et 3 tonnes de fourrages stockés et 7 000 1/VL.

Coût alimentaire : 50 €/1 000 l.

l  Lot bio : 5 t de MS d’herbe, dont une bonne moitié au pâturage, 700 kg de maïs, moins de 500 kg de concentré et 5 500 1/VL. Coût alimentaire : 50 €/1 000 litres.

Les observations qui y sont faites sont donc riches d’enseignements pour différentes conduites alimentaires.

Quelques conseils pratiques

Fort de ces résultats, Pascal conseille d’abord d’évaluer les fourrages disponibles (pâture et stocks) sur l’année. L’objectif de production laitière doit être cohérent avec ce volume de fourrages. Ensuite, il faut raisonner par séquence : ration exclusivement fondée sur les stocks, introduction du pâturage… Enfin, il faut rechercher les économies possibles sur chaque séquence.

Produire des fourrages et un pâturage de qualité sans trop dépenser

Mais il y a un préalable : les vaches se nourrissent d’abord de fourrages. Le coût alimentaire dépend donc aussi du coût de production de l’herbe pâturée ou des fourrages conservés. Et les possibilités d’économie sur le concentré seront d’autant plus payantes que la qualité des fourrages est élevée. La première condition à remplir pour limiter le coût alimentaire est donc d’offrir une ration de base de qualité. Les objectifs donnés ci-dessous pour le concentré azoté tiennent compte de la fourniture d’une herbe jeune (20 à 30 jours de repousse), pâturée à la bonne hauteur (9 à 12 cm à l’herbomètre). En Bretagne, le coût du pâturage peut être inférieur à 15 €/tonne de MS.

En hiver, les rations à base d’ensilage de maïs sont plus laitières que celles qui comprennent une part élevée d’ensilage d’herbe. Elles permettent donc plus facilement de contenir le coût alimentaire ramené au volume de lait livré. En ensilage de maïs, on peut viser un coût opérationnel de 40 €/tonne de MS, voire 50 € pour ceux qui délèguent complètement le chantier.

Faucher de l’herbe coûte cher. Le coût de cet ensilage est lié au rendement. À l’automne, l’herbe est souvent de qualité, mais les coûts de récolte explosent avec des rendements inférieurs à 1 tonne de MS par hectare. Dans une optique de maîtrise du coût alimentaire, l’herbe d’automne doit donc être valorisée par le pâturage plutôt que par la fauche.

Mais la difficulté reste d’augmenter la performance économique d’une ration mixte, économe en correcteur azoté. Elle est très dépendante de la qualité de l’ensilage d’herbe. D’où l’intérêt de travailler pour améliorer la valeur alimentaire de ce fourrage.

Enfin, il ne faut pas négliger le coût de distribution des fourrages. L’objectif est de ne pas dépasser 5 €/1 000 litres de lait livré.

Calculer la complémentation azotée au plus juste

L’herbe pâturée est excédentaire en azote alors que le maïs a besoin d’être corrigé sur ce critère. Il faut donc, dès que l’herbe entre dans la ration, tirer profit de cet azote pour réduire la distribution de concentré. C’est intéressant, même sur une courte période, pour les systèmes peu pâturants.

En ration hivernale fondée sur l’ensilage de maïs, la complémentation azotée est calculée sur la base de 175 g de soja à 46 % de MAT par kg de MS de maïs. À l’issue de la saison des vêlages, le troupeau S1 de Trévarez, composé de vaches holsteins (dont un tiers de primipares), a un rang moyen de lactation de 3 à 3,5. La production moyenne s’élève alors à 30 kg/vache/jour.

Lorsque les laitières commencent à sortir dans des pâtures de qualité, elles consomment une herbe à 140-160 g de PDIN/kg de MS. Même si cette consommation se limite à 2-3 kg/jour, la correction azotée peut être réduite à 130 g/kg de MS de maïs, alors que les vaches en mangent encore 14 kg/jour.

Plus tard, quand le pâturage atteint un tiers de la ration, la complémentation descend à 100 g de soja/kg de matière sèche de maïs. « C’est là que l’on fait vraiment des économies avec un système fourrager reposant sur les stocks, précise Pascal. La ration est très laitière, on profite au maximum de l’énergie du maïs et de l’azote de l’herbe. »

Descendre ponctuellement à 15 €/1 000 litres

Le palier suivant vise à couper le concentré azoté dès que le pâturage apporte plus de la moitié de la ration journalière. Les vaches sortent jour et nuit, mais consomment encore environ 5 kg de maïs. La ration est très stable et permet d’afficher un coût alimentaire inférieur à 40 €/1 000 litres vendus. Même si ce régime ne dure que quelques semaines, arrêter le concentré azoté génère des économies sensibles. Cela implique simplement d’être très réactif.

Pour les élevages qui disposent de 40 ares de pâturage par vache, les paliers de réduction du concentré azoté sont les mêmes que précédemment. Mais on va plus vite et plus loin. L’arrêt complet du maïs et du correcteur azoté est possible. Le coût alimentaire tombe à 15-20 € sur cette période, ce qui a un impact sur la moyenne annuelle de manière très positive.

Une efficacité réduite pour les rations hivernales à base d’ensilage d’herbe

En prolongeant ce régime sur une durée plus longue, les systèmes encore plus herbagers, qui sont souvent en bio, restent plus longtemps à ce niveau. Mais en moyenne annuelle, leur coût alimentaire s’établit à 50 €/1000 litres. En effet, la ration hivernale comprend généralement au moins deux tiers d’ensilage d’herbe pour un tiers de maïs. Elle est donc relativement peu laitière et efficace. Le système perd donc sur cette période ce qu’il a gagné en saison de pâturage. Il s’agit d’une vraie difficulté des élevages herbagers bio pour produire du lait en hiver avec un coût maîtrisé.

Pascale Le cann
© Yann Cainjo
Pascal Le Cœur, responsable de la station expérimentale de la chambre d’agriculture de Bretagne à Trévarez (Finistère).
©
Méthode de Trévarez

Les indicateurs ci-après concernent les vaches traites et sont ramenés à 1 000 litres de lait vendu. Les coûts des fourrages incluent les semences, les engrais, les traitements, les charges de semis et de récolte, y compris les travaux par des tiers, mais hors distribution. Ces coûts sont fidèles à l’analyse de gestion fournie dans la comptabilité.

Le point de vue de…
« Calculer la marge sur coût alimentaire à la vache, et non plus aux 1 000 litres » Le point de vue de… Yann Martinot, d’Orne Conseil Elevage

« Durant les quotas laitiers, le facteur limitant était l’accès au volume. Le producteur cherchait logiquement à dégager la meilleure marge sur coût alimentaire de chaque litre produit. L’accès aux volumes étant beaucoup moins contraignant, le facteur limitant aujourd’hui est le coût élevé de la place de vache, les investissements étant onéreux. Le raisonnement de la marge sur coût alimentaire doit donc évoluer. La calculer par vache et par mois est plus judicieux. Il faut bien sûr continuer à améliorer son coût alimentaire mais sans oublier la production par vache. Tirer le maximum de recettes ne passe pas uniquement par la qualité du lait. Le produit se fait aussi par les litres en plus qui augmentent la marge à l’animal. Orne Conseil Elevage fixe un objectif de 180 € par vache présente par mois en 2017. »

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

En réassort

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le bovin malade et sa prise en charge

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER