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Les prix européens snobent la hausse US

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© C. Thiriet

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

Les céréales françaises – sous la pression des bonnes perspectives de récolte et d’un manque de compétitivité en blé, d’un marché plutôt lourd actuellement en orge de brasserie de printemps et de maïs – ne suivent plus les prix US vers le haut et voient leur prix baisser ou monter très légèrement (maïs) seulement cette semaine.
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Les céréales françaises – sous la pression des bonnes perspectives de récolte et d’un manque de compétitivité en blé, d’un marché plutôt lourd actuellement en orge de brasserie de printemps et de maïs – ne suivent plus les prix US vers le haut et voient leur prix baisser ou monter très légèrement (maïs) seulement cette semaine.

Blé : les blés US poursuivent seuls la hausse

Les prix des blés européens et de la zone de la mer Noire sont stables à légèrement baissiers cette semaine. Malgré les questions soulevées par le temps chaud et sec annoncé autour de la mer Noire, qui pourrait coûter quelques quintaux aux rendements, les perspectives de récoltes russe et ukrainienne restent très bonnes. La concurrence s’annonce donc toujours rude pour l’UE pour le débouché à l’exportation. Par ailleurs, les pluies ont amélioré les conditions des cultures dans plusieurs zones du Vieux Continent, et le taux de change continue de dégrader la compétitivité européenne.

Le rendu Rouen s’érode donc de près de 2 €/t sur une semaine, à 172,75 €/t. La tendance est la même pour l’ensemble des places physiques françaises ainsi que pour Euronext (avec l’échéance de septembre à 178,75 €/t). La légère révision à la hausse des stocks de blé français par FranceAgriMer a en outre appuyé dans le même sens (baissier), même si les stocks tricolores restent attendus bas à la fin du mois de juin.

Un élément sera à surveiller de près dans les semaines qui viennent : les autorités saoudiennes ont annoncé qu’elles pourraient s’approvisionner en blé russe dès le mois de juillet, ce qui pourrait remettre en cause l’hégémonie du trio « Allemagne-Pologne-pays Baltes » sur ce débouché.

Par effet domino, une tendance baissière sur ces origines pourrait accentuer un peu plus la pression exercée sur les prix des blés français, actuellement peu compétitifs en nouvelle récolte face à la Russie et à l’Ukraine, mais aussi face aux Baltes. Dans les champs de la moitié nord de l’Hexagone, la nervosité gagne du fait des pluies répétées qui sont loin d’être idéales pour la qualité, voire pour le rendement des blés.

Pluies excessives aux USA, insuffisantes en Australie et au Canada

Pendant ce temps, les inquiétudes persistent concernant la qualité et les volumes des blés d’hiver aux États-Unis, compte tenu de l’excès d’humidité persistant (d’autant plus que de nouvelles pluies sont annoncées – d’ampleur limitée). Les prix US ont ainsi fortement grimpé cette semaine encore, en particulier le Soft Red Winter (blé de qualité moyenne), qui creuse l’écart avec le Hard Red Winter (pourtant de qualité supérieure), avec une hausse de 28 $/t pour le SRW et de 6 $/t pour le HRW. Cette prime « inversée » en faveur du SRW s’explique par la dégradation de la prévision de récolte dans le dernier rapport de l’USDA, ainsi que par le fait qu’il pourrait être sollicité plus fortement que prévu par l’alimentation animale, pour pallier le manque de maïs.

La récolte australienne est elle aussi loin d’être tirée d’affaire. Des pluies sont revenues sur quelques régions productrices. Cela met fin temporairement à la sécheresse dans ces régions, mais les modèles météo annoncent du temps sec et chaud pour les mois à venir, ce qui compromet les rendements. Rabobank a ainsi projeté la production australienne à 20 millions de tonnes (Mt), tandis que les officiels australiens de chez Abares ont abaissé leur prévision à 21,2 Mt. Le scénario est similaire au Canada. Les semis viennent de s’achever dans le sec, mais le retour des pluies est annoncé. Il faudra qu’il se concrétise rapidement pour ne pas mettre définitivement en danger les rendements.

Maïs : les semis US avancent, mais…

Le rapport publié par l’USDA a entériné la situation difficile du maïs US, confronté à des retards historiques dans l’avancée des semis. Dans son rapport sorti mardi, le ministère de l’Agriculture a abaissé sa prévision de récolte états-unienne de près de 35 Mt par rapport au mois dernier, à 347 Mt. Le répit accordé par la météo la semaine dernière a certes permis d’avancer dans les travaux (15 millions d’acres semés au cours de la semaine s’achevant le 9 juin, soit 7 millions d’hectares, contre 8 millions d’acres emblavés pendant la semaine précédente), mais l’implantation tardive empêchera tout de même de réaliser l’intégralité des prévisions de semis, et met en péril les rendements. En outre, les jeunes maïs ne sont pas tirés d’affaire : de nouvelles pluies sont annoncées dans les semaines à venir, ce qui est loin d’être idéal pour le début de cycle.

À ces problèmes du côté de la production s’ajoute le dynamisme du débouché bioéthanol US. Ces éléments ont tiré plus haut les prix du maïs à Chicago, hissant par ricochet la cotation Fob Golfe à 201 $/t (+15 $/t sur une semaine). Ce contexte a bénéficié aux cours du maïs brésilien (+19 $/t), tandis qu’en Argentine, les fortes pluies retardent les récoltes et mettent sous tension le marché physique (difficulté d’exécution des contrats). Le prix Fob en Argentine gagne donc 18 $/t à 189 $/t.

Les prix français ne suivent que très timidement, avec le Fob Bordeaux qui progresse d’à peine 2 €/t en ancienne comme en nouvelle récolte (à respectivement 169,5 €/t et 175 €/t). L’évolution est quasi identique pour le Fob Rhin et le rendu La Pallice. Les prix français restent en effet influencés par des stocks importants à l’échelle de l’UE et des conditions qui se présentent plutôt bien actuellement pour les cultures françaises grâce à la reconstitution de réserves en eau, malgré un début de cycle un peu trop frais.

Orge : coup de mou des orges de brasserie

Les orges de mouture ont suivi la même voie que le blé tendre, le rendu Rouen cédant 1 €/t cette semaine à 159,75 €/t. Les fondamentaux n’évoluent guère et l’activité portuaire n’est pas euphorique.

En orge de printemps, les prix ont subi une sévère correction cette semaine en Fob Creil de la nouvelle récolte, avec les variétés d’hiver qui perdent 7 €/t, à 171 €/t, tandis que les variétés de printemps reculent plus encore (-10 €/t, à 179 €/t). Ce mouvement a été déclenché par l’amélioration des conditions de cultures dans les pays scandinaves, en Allemagne et en France, grâce au retour des pluies. Reflet de cette situation, le dernier bulletin Céréobs de FranceAgriMer rapporte 82 % de parcelles d’orge de printemps dans un état bon à excellent.

Le marché fait actuellement la part belle aux acheteurs, avec des malteurs largement couverts qui se trouvent donc en position de force. Les vendeurs doivent accepter de baisser les prix pour décrocher des contrats. De l’autre côté de l’Atlantique, les pluies annoncées au Canada pourraient soulager des cultures menacées par le temps sec qui perdure depuis l’hiver. L’incertitude plane toujours en Australie où des pluies sont survenues récemment, mais pourraient laisser la place à une nouvelle longue séquence sèche si l’on en croit les modèles météo.

En colza, le prix de la nouvelle récolte recule sur la semaine

Alors que le contexte mondial est clairement haussier sur la semaine, le prix du colza de la nouvelle récolte s’effrite de 2 €/t à Rouen. Les conditions climatiques des dernières semaines, marquées par une alternance de pluies et d’éclaircies associées à des températures de saison, sont en effet plutôt favorables au développement des cultures. De plus, les prix de l’huile de colza ont reculé cette semaine sous la pression de l’huile de palme, dont les cours sont à nouveau historiquement bas. D’une part le cours du baril de pétrole ne frémit pas, et reste à 52 $ le baril (17 % en dessous du niveau du mois dernier), d’autre part les cours de l’huile de palme indonésienne souffrent d’une production supérieure aux attentes en mai, et d’un fort ralentissement des échanges mondiaux au début de juin.

Le rebond du cours du canola à Vancouver a toutefois offert un souffle aux cotations du colza de l’ancienne récolte en France (+3,5 €/t rendu Rouen cette semaine). Celui-ci est dû aux conditions excessivement sèches des dernières semaines, qui ont affecté les champs de canola. Seules 20 % des terres au Saskatchewan bénéficient d’une humidité adéquate à l’heure actuelle.

Les tourteaux en hausse

Le contexte est également haussier pour le soja, puisque le retard de semis aux États-Unis reste exceptionnel, avec seulement 60 % de champs semés au 9 juin contre 88 % en moyenne à la même date. Ainsi le soja a grimpé de 7 $/t à Chicago : cela a entraîné les tourteaux également à la hausse (de 6 $/t à Chicago, et de 5 €/t à Montoir). Si aujourd’hui des pertes de surfaces sont actées en Amérique du Nord, leur ampleur reste incertaine, et celle-ci sera déterminante pour l’évolution des prix sur les prochaines semaines. En Australie, au contraire, un retour des pluies depuis quelques jours a offert du répit aux cultures après un début de cycle plutôt sec. Les conditions restent aussi très bonnes dans la zone de la mer Noire.

Effritement du cours du tournesol en mer Noire

À l’ouest de l’UE, le temps plutôt frais ralentit le développement des plants de tournesol. Alors qu’en France le prix du tournesol conventionnel reste stable en ancienne récolte (à 330 €/t à Saint-Nazaire), les prix dans la zone de la mer Noire sont en recul sur la semaine. Les conditions sont d’une part plutôt favorables à l’heure actuelle, que ce soit en Ukraine, en Bulgarie ou en Roumanie. Les offres en nouvelle récolte apparaissent d’autre part en décompte par rapport aux prix de l’ancienne, ce qui entraîne ces derniers à la baisse (–5 $/t sur la semaine). Cela a été renforcé par le repli des cours de l’huile de palme, et de tournesol par ricochet.

À SUIVRE : retour des pluies (ou non) en Australie et au Canada, météo de fin de cycle en Europe et Russie/mer Noire, impact de la séquence climatique diluvienne sur les surfaces et les potentiels de rendements de maïs et soja US ainsi que sur les blés d’hiver, pénétration potentielle du blé russe sur de nouveaux marchés (Arabie Saoudite).

Tallage
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