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« Veillées » véganes devant des abattoirs

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En Uruguay, gros consommateur de viandes, des militants végans font la promotion d’une alimentation bannissant la mise à mort des animaux, en organisant des veillées devant les abattoirs. © Pixabay

Un dimanche en Uruguay : pour beaucoup d’habitants, c’est le jour de l’« asado », le traditionnel barbecue dégusté en famille. Pour d’autres, en revanche, c’est journée de « veillée » funèbre à l’abattoir pour un activisme végan à contre-courant de la tradition gastronomique locale.

À Paso Carrasco, dans l’est de la capitale Montevideo, une quinzaine de militants attendent devant un abattoir l’arrivée des camions transportant bœufs, vaches et veaux. « Nous voulons transmettre [aux animaux] du calme, un geste d’affection, une caresse » avant leur mise à mort, explique Florencia Sobrino, l’une des coordinatrices du groupe Animal Save, qui organise ces actions pour dénoncer le « meurtre »...
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À Paso Carrasco, dans l’est de la capitale Montevideo, une quinzaine de militants attendent devant un abattoir l’arrivée des camions transportant bœufs, vaches et veaux. « Nous voulons transmettre [aux animaux] du calme, un geste d’affection, une caresse » avant leur mise à mort, explique Florencia Sobrino, l’une des coordinatrices du groupe Animal Save, qui organise ces actions pour dénoncer le « meurtre » des animaux.

« J’avais l’impression d’être hypocrite »

Le groupe uruguayen d’Animal Save, mouvement créé en 2010 au Canada et désormais présent dans 70 pays, a été lancé en 2016. Florencia Sobrino, 30 ans, explique avoir mangé de la viande et du fromage pendant la majeure partie de sa vie. Mais « j’avais l’impression d’être hypocrite », dit-elle.

Les militants végans font la promotion d’une alimentation bannissant l’exploitation et la mise à mort des animaux : un véritable défi dans un pays où les habitants consommaient il y a encore quelques années, plus de 100 kg de viande par personne et par an, dont 60 kg de viande bovine.

La viande, un pilier de l’économie locale

Avec ce rituel pacifique, ils tentent de changer une habitude qui imprègne la culture uruguayenne et représente un pilier de l’économie locale. Le pays abat environ 2,4 millions de têtes de bétail chaque année, selon des chiffres du secteur. « Nous cherchons à encourager l’empathie, explique Florencia. Que les gens puissent voir que l’animal devant eux est celui qu’ils retrouvent dans leur assiette. »

S’approcher d’un abattoir n’est pas aisé pour ces militants qui évoquent une « puanteur de mort ». « C’est difficile, mais nous devons le faire pour que la distance ne nous désensibilise pas », explique Alfonso Méndez, un autre coordinateur du groupe. Depuis quelque temps, il ne participe plus aux barbecues dominicaux.

En famille

Marcia Etcheverry, 34 ans, a aussi choisi de ne plus y prendre part. « Nous ne tolérons pas de voir des animaux tués inutilement », explique la mère de famille, venue à la veillée avec son compagnon, Juan Carlos, et leurs deux enfants, Luca, 11 ans, et Ciro, 4 ans.

« Il n’est pas facile de sortir de notre zone de confort, mais les animaux méritent que nous soyons là », dit Marcia, qui compare la situation à celle d’un être cher en phase terminale : « On a le choix de lâcher sa main ou de l’accompagner jusqu’au dernier moment. »

Peu d’offre pour les végans

En Uruguay, l’offre gastronomique pour les consommateurs végans est rare, mais si elle s’est récemment étoffée face à une demande croissante. Selon les militants, le pays compterait aujourd’hui 120 000 végétariens ou végétaliens sur 3,4 millions d’habitants dans un pays où l’élevage et les industries dérivées représentent le premier poste d’exportation (30 %).

« L’Uruguay est le pays qui compte le plus de bétail par habitant au monde, avec trois animaux par habitant, rappelle Eduardo Blasina, agronome et directeur d’un cabinet de conseil spécialisé dans le développement agricole. Plus de 80 % du territoire dépend de l’élevage bovin, qui est une des trois principaux secteurs d’exportation. »

« Le bétail local a un bon bilan carbone, ce qui signifie qu’il n’a aucun impact sur le changement climatique, avec une gestion du pâturage en rotation, et aucun impact négatif sur la biodiversité », assure le consultant, qui ne voit pas l’activisme d’une minorité comme une menace pour le boeuf uruguayen.

AFP
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